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Mythologie
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercherLa mythologie (du grec μυθολογία, de μύθος mythe et λόγος discours) est l'étude des mythes et de leurs significations, plus couramment elle désigne l'ensemble des récits mythiques liés à une civilisation, une religion ou un thème particulier.

La mythologie prend sens et activité dans une culture socio-religieuse. Le mot est généralement utilisé pour décrire les systèmes religieux des mondes anciens ou des civilisations premières, éloignées dans l'espace ou dans le temps. C'est ainsi que Li M'Hâ Ong a pu dire : « On nomme d'ordinaire mythologie les récits sacrés des religions auxquelles plus personne ne croit[1] ». En effet, tout comme les religions exotiques, nombre de religions antiques et ancestrales ne sont connues de la majorité des gens qu'à travers les récits mythiques qu'elles ont laissés.

Sommaire [masquer]
1 Mythologie des mondes anciens ou premiers
2 Mythologie contemporaine
3 La formation des mythes
4 Autres concepts
5 Mythologie moderne
6 Voir aussi
6.1 Symboles trans-culturels
6.2 Articles connexes
6.3 Notes
6.4 Liens externes



Mythologie des mondes anciens ou premiers [modifier]
On parle facilement de mythologie pour les récits religieux des mondes anciens ou exotiques, éloignés dans le temps ou dans l'espace, telles que :


Le dieu Thor de la mythologie nordique affrontant les géants, M. E. Winge, 1872.Mythologie aborigène
Mythologie arménienne
Mythologie arthurienne
Mythologie basque
Mythologie biblique
Mythologie bretonne
Mythologie berbère
Mythologie Kabyle
Mythologie celtique
Mythologie celtique galloise
Mythologie celtique gauloise
Mythologie celtique irlandaise
Mythologie chinoise
Mythologie coréenne
Mythologie estonienne
Mythologie égyptienne
Mythologie étrusque
Mythologie finlandaise
Mythologie germanique
Mythologie guarani
Mythologie grecque
Mythologie hurrite
Mythologie hindoue
Mythologie inuit
Mythologie iranienne
Mythologie japonaise
Mythologie juive
Mythologie laponne
Mythologie lettonne
Mythologie māori
Mythologie mésopotamienne
Mythologie nauruane
Mythologie nordique
Mythologie ougaritique
Mythologie précolombienne
Mythologie pyrénéenne
Mythologie romaine
Mythologie russe
Mythologie sémitique
Mythologie slave
Mythologie sumérienne

Mythologie contemporaine [modifier]
Il est plus difficile de parler de mythologie à propos des religions contemporaines, par exemple de mythologie biblique, terme que les croyants sont tout disposés à prendre pour une offense envers leur foi, une attaque contre leurs croyances ou au minimum, une manifestation d'intolérance. Les dieux des voies monothéistes sont pensés comme étant le seul et unique Dieu, et de ce fait, comme la seule instance possible de ce concept. Le croyant monothéiste est donc facilement amené à penser que son dieu est le vrai quand celui des autres, spécialement celui qui n'a plus un fidèle vivant pour le défendre, serait faux. Ces religions sont déclarées unilatéralement païennes (cf. paganisme). Il se pose donc le problème de la Vérité et non le problème de la mythologie.

Pourtant, la plupart des livres sacrés des religions contemporaines, qu'elles relèvent du monothéisme ou du polythéisme, s'enracinent dans les religions premières et les récits qui les soutiennent constituent des mythologies. Le mythe est le langage normal de la religion et il n'est pas une simple fable ou une simple légende, non plus qu'un conte populaire.

La pensée critique et particulièrement la démythisation, telle que l'entendait Rudolph Bultmann au début du XXe siècle, nous ont habitués à penser que les événements et les histoires environnant l'origine et le développement de religions comme le Christianisme, le Judaïsme ou l'Islam ne sont pas exactement vraies et vérifiables au même titre que l'assassinat d'Abraham Lincoln ou le couronnement de Napoléon Ier.


La formation des mythes [modifier]
Robert Graves, qui a été profondément influencé par la mythographie de James George Frazer Le Rameau d'or, considère que les mythes sont créés par les nombreux besoins culturels.

Les mythes légitiment les fondements culturels d'une tribu, d'une ville ou d'une nation en les reliant à des vérités universelles. Par exemple, les mythes justifient l'occupation d'un territoire par un peuple particulier.

Toutes les cultures ont développé leurs propres mythes se composant des récits de leur histoire, de leurs religions, et de leurs héros. La grande importance de la signification symbolique de ces récits dans la culture explique pourquoi ils survivent si longtemps, parfois des milliers d'années. François-Bernard Mâche distingue le mythe, vu comme une image psychique primordiale, avec la mytho-logie, c'est-à-dire un système de mots essayant avec un succès variable d'assurer une certaine cohérence entre ces images[2].

Joseph Campbell est un des auteurs récents à écrire au sujet des mythes et de l'histoire de la spiritualité. Son livre le héros aux mille visages paru en 1948 décrit les idées fondamentales qu'il a continuées à élaborer jusqu'à sa mort en 1987.


Autres concepts [modifier]
Les mythes ne sont pas identiques aux fables, légendes, folklores, contes, anecdotes ou fictions mais les concepts peuvent se superposer. Par exemple pendant l'époque du romantisme, des contes de fées et des récits folkloriques ont été perçus comme des fragments érodés d'une ancienne mythologie (notamment par les frères Grimm et Elias Lönnrot).

Les thèmes mythologiques sont souvent consciemment utilisés dans la littérature, à commencer par Homère. L'½uvre résultante peut expressément se rapporter à une origine mythologique sans pour autant en devenir une partie (par exemple Cupidon et Psyché). Au Moyen Âge le roman courtois utilise particulièrement ce processus de transformation du mythe en littérature.

L'évhémérisme se rapporte au processus de rationalisation des mythes, mettant des thèmes autrefois imprégnés avec des qualités mythologiques dans des contextes pragmatiques, par exemple en suivant un changement de paradigme culturel ou religieux (notamment la réinterprétation de la mythologie païenne suivant l'essor de la chrétienté). Réciproquement, les documents historiques et littéraires peuvent acquérir des qualités mythologiques avec le temps, par exemple la matière de Bretagne et la matière de France qui sont basées respectivement sur des événements historiques du Ve et du VIIIe siècle, ont d'abord été de la poésie épique avant de devenir partiellement des mythes dans les siècles suivants. La « génération consciente » de la mythologie a été nommée Mythopoeïa par J. R. R. Tolkien[3] ainsi que par l'idéologue Nazi Alfred Rosenberg.


Mythologie moderne [modifier]
Des films et des livres comme La Guerre des étoiles et Tarzan peuvent avoir des aspects mythologiques forts qui se développent parfois en systèmes philosophiques profonds et complexes. Ces histoires, bien que n'étant pas de la mythologie, contiennent des thèmes mythiques qui satisfont les besoins psychologiques similaires de certaines personnes. Un exemple d'un système mythologique fictif est celui développé par J. R. R. Tolkien dans Le Silmarillion et Le Seigneur des anneaux. En outre, des fans emploient parfois le terme de mythologie pour se référer à un monde fictif complexe comme la série Star Trek.

Cependant, la fiction n'atteint pas le statut réel de mythologie tant que les gens ne croient pas que c'est vraiment arrivé. Par exemple, certains croient que le film de l'auteur de fiction Clive Barker Candyman est basé sur une histoire vraie, et de nouvelles histoires ont grandi autour du mythe. Il en va de même pour des films comme Le Projet Blair Witch ou d'autres histoires du même type. Beaucoup de mythes contemporains produits ont acquis le statut de légende urbaine.

Le mot est également employé communément pour se rapporter au système de valeur contemporain, rarement remis en question, particulièrement lorsque il est vu comme idéologique ou socialement construit (par exemple, "la mythologie de l'amour"). Dans les années 1950, le penseur structuraliste français Roland Barthes publia une série d'analyses sémiotique de tels mythes modernes et du processus de leur création, rassemblées dans son livre Mythologies.

Certains mouvements, afin de consolider leurs ancrages historiques anciens, ont eu recours au fakelore, par exemple la wicca.


Voir aussi [modifier]

Symboles trans-culturels [modifier]
Certains symboles ou concepts se retrouvent dans plusieurs mythologies, soient qu'ils soient passés d'une culture à l'autre, soit qu'ils aient été inventés indépendamment.

Ouroboros
Svastika
Yin et yang

Articles connexes [modifier]
Lieux mythologiques
Mythologie contemporaine
Fantasy
Légende urbaine
Cosmogonie
Antiquité
Ethnologie
Anthropologie

Notes [modifier]
↑ Li M'Hâ Ong Traité des Semences et des Étoiles
↑ François-Bernard Mâche Music, Myth and Nature, or The Dolphins of Arion, 20, 1992
↑ J. R. R. Tolkien, Beowulf: The Monsters and the Critics, Londres, Humphrey Milford, 56 pp.

Liens externes [modifier]
Sur les autres projets Wikimedia :

Mythologie, sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)
Mythologie, sur Wiktionnaire (dictionnaire universel)
(fr) Dossier thématique sur les monstres et héros dans l'art grec- Musée du Louvre
(fr) [pdf] Bibliographie sur les mythologies classiques et les systèmes culturels
(fr) Le grenier de Clio
(fr) L'Encyclopédie des Mythes et des Légendes
(fr) Edition intégrale de la Mythologie de Commelin
(fr) Dictionnaire de la mythologie



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Catégorie : Mythologie
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Mythologie grecque
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercherLa mythologie grecque est l'ensemble des mythes provenant de la Grèce antique. Elle couvre une très large (et imprécise) période du XIIe siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C.[réf. nécessaire] Ces récits, familiers à tous les anciens Grecs forment les fondements de leurs rites ainsi que de la représentation qu'ils se faisaient du monde, au moins jusqu'à Protagoras. Cette mythologie est aussi à l'origine, pour une grande part, de la mythologie romaine.

Sommaire [masquer]
1 Présentations
2 Culte et religion
3 Les personnages de la mythologie grecque
3.1 Dieux
3.1.1 Première génération
3.1.2 Titans
3.1.3 Première génération des dieux olympiens
3.1.4 Deuxième génération des dieux olympiens
3.2 Les Demi-dieux, enfants de Zeus et de mortelles
3.3 Héros et demi-dieux
4 Mythologie et philosophie
5 Arbres généalogiques
6 Les sources
7 Bibliographie
8 Annexes
8.1 Articles connexes
8.2 Liens externes



Présentations
Dans la mythologie grecque, les dieux du panthéon polythéiste sont anthropomorphes et sont avant tout la personnification de forces qui gouvernent l'univers. Bien que certains d'entre eux semblent avoir un certain sens de la justice, ils peuvent se montrer mesquins et rancuniers comme Héra par exemple. La faveur des dieux est gagnée par des sacrifices et la piété, mais ceci ne garantit rien ; en effet, ils sont réputés pour leurs fréquents changements d'humeur ; leurs colères sont terribles et leurs amours peuvent être tout aussi dangereux.

Le monde de la mythologie grecque est complexe : monstres, guerres, intrigues et dieux inquisiteurs y sont nombreux, il y a aussi plusieurs héros tel que Bellérophon ou Héraclès et les généalogies s'entrecroisent. Cette complexité étant probablement due à la multiplicité des influences : babyloniennes, minoennes, achéennes, autochtones... À partir de ces influences diverses se sont forgés une multitude de récits que l'on pourrait qualifier de "nationaux", propres à une cité (le cycle thébain pour Thèbes, le cycle héracliéen pour Sparte). Toute l'activité des auteurs mythologiques grecs, depuis les aèdes jusqu'au pseudo-Apollonios, consistant à synthétiser cette multiplicité.

Il est notable que les Anciens mêlaient les événements de leur mythologie à ceux de leur histoire. Ainsi, l'Iliade et l'Odyssée étaient considérées comme historiques. Le Grec Évhémère semble avoir été le premier à émettre l'hypothèse que les récits mythologiques sont des déformations de faits historiques réels. Les très nombreuses recherches archéologiques des XIXe et XXe siècles ont voulu conforter et affiner cette approche. Le très célèbre ouvrage de Robert Graves, les Mythes grecs, récapitule les éléments en faveur de cette hypothèse. La question de la continuité entre le temps des dieux et le temps des hommes, apparemment difficile à résoudre, semble pouvoir s'expliquer par des phénomènes de synthèse, de simplification et de symbolisation d'événements concrets (conquêtes, rituels, ...). Les événements décrits dans les différentes théogonies se déroulent donc dans un temps apparemment parallèle à celui de l'humanité, dont les durées ne sont pas transposables.

À l'époque « historique », une attitude vis à vis des récits mythologiques pourrait avoir été une interprétation littérale et non-critique des textes (tout au moins certains personnages publics étaient condamnés pour impiété). Cette approche est parfois comparée à la façon dont, par exemple, certains chrétiens créationnistes d'aujourd'hui interprètent littéralement la Bible comme un récit historique. Il semble que les Grecs se considéraient eux-mêmes descendants de héros mythiques, tendance qui se serait accrue avec l'évhémérisme.

Le théâtre grec, avec Eschyle, Sophocle et Euripide, montre la façon dont les hommes conçoivent l'action des dieux dans leur monde. Dans l'½uvre d'Eschyle, le concept d'ananké préside ce qui peut être conçu comme un équivalent du destin dont serait absent le concept de déterminisme.

En plus de son utilisation constante dans les arts et les sciences humaines comme la psychanalyse et son complexe d'¼dipe, la mythologie grecque fournit des récits très riches sur lesquels sont basés la plupart des problématiques et des thèmes de la littérature occidentale, que l'on peut encore apprécier aujourd'hui.


Culte et religion
Article détaillé : Religion grecque antique.
La religion grecque reposait sur des rites, et non sur un texte sacré et des dogmes. Ceci étant, la mythologie offrait un certain nombre de réponses à des questions existentielles, métaphysiques ou morales courantes : continuité de la vie après la mort, vertu (voir le mythe hésiodique des races), etc.


Les personnages de la mythologie grecque

Dieux

Première génération
Au début il y avait le Chaos, qui engendra :

Éros, l'amour, le désir
Héméra (ou Héméré), la Lumière terrestre
Nyx, la nuit
Érèbe, les Ténèbres, qui engendra, avec Nyx :
Thanatos, la mort
Hypnos, le sommeil (frère jumeau de Thanatos)
Éther, la Lumière des astres
Gaïa (ou Gaia, Gaya, Gaiya, Gæa ou Gè), la Terre, qui engendra :
Ouranos, le ciel étoilé, qui engendra, avec Gaïa :
Les douze Titans
Les trois Cyclopes
Les trois Hécatonchires (ou Centimanes)
Ouréa, les Montagnes
Pontos, les flots, qui engendra, avec Gaïa :
Nérée
Thaumas
Phorcys
Céto
Eurybie.
Les nymphes, les forces vives de la nature
La Mer inféconde.
Tartare, qui engendra, avec Gaïa :
Échidna
Typhon

Éros, bobine attique à figures rouges du Peintre de Londres D 12, v. 470–450 av. J.-C

Le jour (Héméra) de William-Adolphe Bouguereau, 1881

Nyx, céramique à figures rouges du Peintre de Brygos, v. 490 av. J.-C.

Thanatos, ailé et portant une épée, détail d'un tambour de chapiteau en marbre sculpté provenant du temple d'Artémis à Éphèse, vers 325-300 av. J.-C.

Hypnos,marbre, ½uvre romaine, règne d'Hadrien, 117-138 ap. J.-C.

Partie centrale d'une grande mosaïque de sol provenant d'une villa romaine de Sentinum, v. 200-250 ap. J.-C. Éon, dieu de l'éternité, est représenté avec à ses pieds Gaïa


Giorgio Vasari, La Mutilation d'Uranus par Saturne, XVIe siècle, Palazzo Vecchio (Florence)

Le cyclope Polyphème

Héraclès et Nérée. Haut de panse d'un lécythe à figures noires, v. 590-580 av. J.-C. Provenance : Béotie

""Nymphes de Nysa"" de Julius LeBlanc Stewart

Typhon, détail de la face B d'une hydrie chalcidienne à figures noires, v. 550 av. J.-C.

Cliquez sur une vignette pour l'agrandir


Titans
De l'union de Gaïa et Ouranos naquirent :
les douze Titans : six Titans (Coéos (ou Polos), Crios, Japet, Hypérion, Océan, père des fleuves, Cronos) et six Titanides (Ph½bé, Thémis, Mnémosyne, Théia (ou Théa, Éthra, Euryphaessa ou encore Basilée), Rhéa (ou Rhéia ou encore Rhée), Téthys) ;
les trois Cyclopes (Brontès, Stéropès, Argès) à l'½il unique ;
les trois Hécatonchires (ou Centimanes) : Cottos, Gyès (ou Gygès) et Briarée (ou Égéon), créatures aux Cent Bras.
Ouranos détestait sa progéniture, il les envoya donc dans le Tartare, les profondeurs de la Terre. Gaïa, ne supportant pas le traitement infligé à ses enfants, complota une revanche avec ses enfants les Titans : ces derniers maitrisèrent Ouranos pendant que le plus jeune d'entre eux, Cronos, lui sectionna les testicules avec une serpe. Du sperme qui s'en échappa et qui coula sur Gaïa, elle engendra :

les Érinyes ou encore Euménides : (Tisiphone, Mégère et Alecto) Déesses de la vengeance ;
les Géants (Agasthène, Agrios, Alcyonée, Alpos, Aristée, Astraéos, Chtonios, Clytios, Coéos, Damysos, Égéon, Emphytos, Encelade, Éphialtès (ou Éphialte), Euboéos, Euphorbe, Euryale, Eurymédon, Eurytos, Gration, Hippolyte, Hoplodamos, Hyperbios, Japet, Léon, Mélissée, Mimas, Mimon, Molios, Mylinos, Olympos, Otos, Ouranion, Pallas, Pancratès, Pélorée, Ph½tios, Polybotès, Porphyrion, Rh½cos, Sycée, Théodamas, Théomisès, Thoas et Typhée)
les Méliades (ou Mélies ou encore nymphes méliennes), Nymphes des frênes.
Selon Hésiode, Aphrodite (déesse de la beauté et de l'amour) serait née de cet événement, elle serait issue du mélange du sperme à l'écume de mer. Selon Homère, elle serait plutôt née de l'union de Zeus et de Dioné.

Illustrations
(1/6)▶

Statue de Cronos au cimetière de Staglieno◀(2/6)▶

Rhéa◀(3/6)▶

Giorgio Vasari, La Mutilation d'Uranus par Saturne, XVIe siècle, Palazzo Vecchio (Florence)◀(4/6)▶

Clytemnestre essayant de réveiller les Érinyes endormies, détail de la face A d'un cratère en cloche apulien à figures rouges, 380-370 av. J.-C◀(5/6)▶

Statue de Géant, Château de Versailles◀(6/6)

La naissance de Vénus d'Alexandre Cabanel en 1863
Dès lors, Cronos régna à la place d'Ouranos, et épousa sa s½ur Rhéa avec qui il eut comme enfants :


Première génération des dieux olympiens
Hestia, déesse du foyer (restée vierge en dépit des avances de Poséidon et d'Apollon)
Déméter, déesse des moissons
Héra, déesse du mariage, et de la végétation (épouse légitime de Zeus)
Hadès, dieu des enfers et des morts
Poséidon, dieu de la mer et des fleuves
Zeus, roi des dieux, maître du ciel et de la foudre
Cronos, ayant été informé par son père Ouranos d'une terrible prédiction lui annonçant qu'un jour un de ses enfants le détrônerait, les avala dès leur naissance. Grâce à sa mère Rhéa, Zeus, le dernier des enfants échappa à ce sort, sa mère l'ayant substitué par une pierre.

Première génération des dieux olympiens
(1/6)▶

Hestia, O. Seyffert, Dictionary of Classical Antiquities, Londen, 1894, p. 292◀(2/6)▶

Buste de Déméter, marbre, copie romaine d'un original grec du IVe siècle av. J.-C◀(3/6)▶

Tête du type de l'Héra Borghèse. Marbre, copie romaine du Ier ou IIe siècle ap. J.-C◀(4/6)▶

Buste d'Hadès. Marbre, copie romaine d'un original grec du Ve siècle av. J.-C. ; le manteau en marbre noir est une addition moderne◀(5/6)▶

Sculpture de Poséidon à Copenhagen◀(6/6)

Jupiter et Thétis, 1811, huile sur toile, Musée Granet d'Aix-en-Provence, Ingres
À l'âge adulte, Zeus libéra ses frères et s½urs du haut de l'Olympe, et engagea avec eux une lutte contre Cronos et les Titans, la guerre des Titans qui dura dix ans jusqu'à la victoire finale des Olympiens, aidés par les Cyclopes et les Hécatonchires. Zeus emprisonna les Titans dans le Tartare.


Deuxième génération des dieux olympiens

Naissance d'Athéna (Métis est figurée allégoriquement sous le siège de Zeus), tripode à figures noires, v. 570-560 av. J.-C., musée du Louvre (CA 616)De l'union de Zeus et sa première épouse Métis (une Océanide, déesse de l'ingéniosité) naquit :
Athéna, déesse de la guerre, de la sagesse et de la ruse (en naissant elle sortit de la tête de son père)
De l'union entre Zeus et Héra naquirent :
Héphaïstos (selon certaines traditions, il aurait été engendré par Héra seule pour se venger des infidélités de Zeus), dieu de la forge, marié à Aphrodite.
Arès, dieu de la Guerre
Hébé, Déesse de la jeunesse
De l'union de Zeus et Déméter naquit :
Perséphone, reine du royaume des Ombres. Elle fut enlevée par Hadès au royaume des enfers. Déméter, désespérée, se retira dans la solitude et avec elle disparut la fertilité de la terre. Zeus envoya Hermès, le messager des dieux, aux Enfers pour convaincre Hadès de libérer Perséphone. Il accepta à la condition qu'elle mange un fruit qui la contraindrait à vivre aux Enfers un tiers de l'année. Pendant ce tiers de l'année, Déméter se retire et la terre ne produit rien, il s'agit de l'hiver.
De l'union de Zeus et de Maïa (l'une des Pléïades, fille du Titan Atlas et de l'Océanide Pléioné, fille des Titans Océan et Thétys. Maïa symbolise la croissance) naquit :
Hermès, dieu de la richesse, du commerce, de la chance, il est aussi le messager des dieux

Vulcain forgeant les éclairs de Jupiter de Rubens, Museo Nacional del Prado

Jeune guerrier casqué, traditionnellement identifié comme Arès. Copie romaine d'un original grec ; réplique. Canope de la villa Adriana, près de Tivoli. Bassin de l'Euripe, Villa Hadriana, Tivoli.

Hébé, sculpture en ivoire, Bode-Museum Berlin

Perséphone, sculpture de Dominikus Auliczek

Assemblée divine sur l'Olympe : Hermès avec sa mère Maïa. Détail de la face B d'une amphore à panse attique à figures rouges, v. 500 av. J.-C.

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De l'union de Zeus et Thémis (l'une des Titanides, déesse de la justice) naquit :
Les Heures :
Eunomie, le Bon Ordre
Dicé, la Justice
Irène, la Paix
Les Moires : Clotho, Lachésis, Atropos. La première tisse le fil, c'est la naissance, la deuxième déroule et mesure le fil, ce sont les jours de la vie, la troisième coupe le fil, c'est la mort.

Dionysos barbu menant les Heures, ½uvre romaine d'époque impériale (Ier siècle ap. J.-C.), copie d'une ½uvre néo-attique

Les Parques d'Alfred Agache

Cliquez sur une vignette pour l'agrandir

De l'union de Zeus et Leto (Fille des Titans Coéos et Ph½bé) naquirent :
les jumeaux, Apollon (Dieu de la médecine, et de la beauté masculine. Il est le grand-père d'Hygie, déesse de la santé) et Artémis (Déesse de la chasse, des vierges, de la nuit)
Cliquez sur une vignette pour l'agrandir

Apollon, statue en marbre conservée au Museo del Prado

Artémis, statue du Louvre


De l'union de Zeus et Mnémosyne (une Titanide, la déesse de la mémoire) naquirent :
Les neuf Muses :
Clio, Muse de l'histoire
Melpomène, Muse de la tragédie
Thalie, Muse de la comédie
Euterpe, Muse de la musique
Terpsichore, Muse de la danse
Érato, Muse des poésies lyrique et érotique
Calliope, Muse de l'éloquence
Uranie, Muse de l'astronomie
Polymnie, Muse de la rhétorique

Sarcophage des Muses, représentant les neuf Muses et leurs attributs. Marbre, première moitié du IIe siècle apr. J.-C., découvert sur la Via Ostiense. De gauche à droite : Calliope, Thalia, Terpsichore, Euterpe, Polymnie, Clio, Erato, Uranie et Melpomene.
Antonio Canova, The Three Graces, Hermitage, St. Petersburg.De l'union de Zeus et Eurynomé (Nymphe marine, fille d'Océan) naquirent:
les trois Charites :
Euphrosyne, la Joie de l'âme
Thalie, la Verdoyante
Aglaé, la Brillante
Zeus eut également des enfants avec des mortelles :

De l'union de Zeus et Sémélé (fille de Cadmos, fondateur de Thèbes) naquit :
Dionysos, dieu des jonctions, des opposés et des ambiguïtés (mort-vie, homme-femme, vin et ses excès, dieu de la traversée de la ténèbre hivernale, de l'hiver, de la fête des morts et de son dépassement par la conquête de l'immortalité). Sa mère ayant voulu contempler Zeus au grand jour, elle fut foudroyée. Pour sauver son fils, Zeus le mit à l'intérieur de sa cuisse les mois manquant à l'enfant pour naître à terme. Il est le seul dieu à avoir une mère mortelle. Zeus s'est déguisé en mortel pour séduire Sémélé.

Jupiter et Sémélé, 1895, esquisse et huile sur toile, Musée Gustave Moreau

Mosaïque représentant Dionysos à Antioche

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Les Demi-dieux, enfants de Zeus et de mortelles
Zeus eut également des enfants avec des mortelles :

De l'union de Zeus et Sémélé (fille de Cadmos, fondateur de Thèbes) naquit : Dionysos, dieu des jonctions des opposés et des ambiguïtés (mort-vie, homme-femme, vin et ses excès, dieu de la traversée de la ténèbre hivernale, de l'hiver, de la fête des morts et de son dépassement par la conquête de l'immortalité). Sa mère ayant voulu contempler Zeus au grand jour, elle fut foudroyée. Pour sauver son fils, Zeus le mit à l'intérieur de sa cuisse les mois manquant à l'enfant pour naître à terme. Il est le seul dieu à avoir une mère mortelle. Zeus s'est déguisé en mortel pour séduire Sémélé.

De l'union de Zeus et Io (fille d'Inachus, premier roi d'Argos) naquit :
Epaphos, souverain d'Égypte et d'Afrique
De l'union de Zeus et Antiope (une princesse thébaine) naquirent:
Zéthus
Amphion
Ils régnèrent tous les deux sur Thèbes. Ce sont eux qui firent construire les remparts de la ville. Zeus se transforma en satyre pour séduire Antiope.

De l'union de Zeus et Léda (femme du roi de Sparte Tyndare) :
Elle eut quatre enfants les Dioscures renfermés dans deux ½ufs. De l'un sortirent Pollux et Hélène et de l'autre Castor et Clytemnestre qui eux étaient les enfants du roi de Sparte Tyndare.

De l'union de Zeus et Alcmène (l'épouse du roi de Tirynthe, Amphitryon) naquît:
Héraclès ou Hercule
De l'union de Zeus et Danaé (fille du roi d'Argos, Acrisius) naquit:
Persée
Zeus se transforma en pluie d'or pour la séduire.

De l'union de Zeus et Europe (une princesse phénicienne) naquirent :
Minos
Rhadamante
Sarpédon
Zeus se changea en taureau blanc pour l'enlever.

De l'union d'Hermès et Aphrodite naquit :
Hermaphrodite, symbole de l'ambivalence sexuelle (masculin/féminin)
De l'union d'Hermès et Timbris naquît:
Pan, dieu des bergers, de la fécondité et de la puissance sexuelle
De l'union de Dionysos et Aphrodite naquirent :
Hyménée, dieu de l'union conjugale
Priape, dieu de la virilité




Zeus et Io, peint par Le Corrège.

Antoine Watteau, Zeus et Antiope, detail

Zéthus et Amphion, bas-relief

Leda et le Cygne de Léonard de Vinci

Héraclès


Danaé, de Orazio Gentileschi

Persée par Benvenuto Cellini

Enlèvement d'Europe, Nöel-Nicolas Coypel, 1726-1727

Hermaphrodite, Louvre

Mosaïque de pavement au buste de Pan. ¼uvre romaine, période antonine, 138-192 ap. J.-C

Cliquez sur une vignette pour l'agrandir


Héros et demi-dieux
Tout au moins chez Hésiode, le terme de héros désigne une race différente de celle des mortels et des dieux.

Par la suite, on a nommé ainsi les demi-dieux ou les mortels honorés après leur mort, dont le destin est extraordinaire (par la naissance, le courage, les qualités). Ainsi, Tantale, ¼dipe ou Cécrops sont des héros, au même titre qu'Héraclès, Achille ou Persée. Leur comportement les mène souvent à l'hybris et leur mort est la plupart du temps violente. Les héros sont souvent des fondateurs : Thésée est celui du syn½cisme d'Athènes, Orphée des rites orphiques, Pélops donne son nom au Péloponnèse.

Par extension, tout personnage ayant connu un destin digne d'être raconté est nommé héros, comme les chefs militaires de l'Iliade ou les héros éponymes d'Athènes, même si leur origine divine est lointaine.

Les demis-dieux sont très souvent les fils de Zeus (comme Héraclès, appelé Hercule dans la mythologie Romaine) avec les mortelles, qu'il approcha sous des formes variées, comme pour la mère de Persée, Danaé, il se transforma en une pluie d'or pour entrer à l'intérieur de la tour où la jeune femme était emprisonnée (un piège pour Iphigénie).


Mythologie et philosophie
Que pensaient les grands philosophes grecs de leur mythologie ? On trouve un élément de réponse chez Nietzsche :

« Subtilité dans la pénurie. — Gardez-vous surtout de vous moquer de la mythologie des Grecs, sous prétexte qu'elle ressemble si peu à votre profonde métaphysique ! Vous devriez admirer un peuple qui, dans ce cas particulier, a imposé un arrêt à sa rigoureuse intelligence et qui a eu longtemps assez de tact pour échapper au danger de la scolastique et de la superstition sophistique.» Nietzsche, Aurore §85

Arbres généalogiques
Chaos



Nyx Érèbe Tartare Abysses Éros Gaïa



Pontos Ouranos



Nérée Thaumas Phorcys Céto Eurybie

Cronos Rhéa Autres Titans Cyclopes Hécatonchires





Hestia Déméter Héra Poséidon Hadès Zeus



Alcmène Perséphone Léto Sémélé Métis Dioné Maïa



Héraclès Arès Ilithyie Hébé Héphaïstos



Apollon Artémis Dionysos Athéna Aphrodite Hermès


En gras, les douze divinités olympiennes. En italique, les mortels.


Arbre généalogique des Dieux et héros grecs. Sources : Dictionnaire de la mythologie grecque de Jacquenod et encyclopédie Quillet. Légende : les noms en rouge sont les dieux et héros les plus connus, les flèches servent de report pour les personnes marié(e)s qui, de par ce fait, se retrouvent plusieurs fois et le symbole Z représente Zeus
Les sources
Plusieurs types de sources antiques sont intéressantes pour l'étude de la mythologie grecque.

Les sources visuelles, iconiques, fournies par les innombrables représentations figurées qui ornent les objets et les édifices produits par la culture grecque antique sont précieuses.

Pour ce qui est des sources écrites, signalons d'une part l'épigraphie, d'autre part la littérature antique :

La poésie des périodes archaïque et classique, principalement destinée à être déclamée lors de banquets aristocratiques ou de concours lyriques. Elle inclut :
les ½uvres du corpus homérique : Iliade, Odyssée, Hymnes ;
les ½uvres du corpus hésiodique : Théogonie, Travaux, Catalogue ;
les ½uvres dramatiques : Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane ;
les poésies lyriques de Pindare et de Bacchylide.
Les ouvrages des historiens (comme Hérodote, Diodore de Sicile, Plutarque et Denys d'Halicarnasse) et des géographes (comme Pausanias et Strabon), qui ont voyagé dans le monde grec et consigné les récits qu'ils entendaient dans de nombreuses cités.
Les ouvrages des mythographes, essentiellement des abrégés ou des traités essayant des réconcilier les versions contradictoires des anciennes légendes. La Bibliothèque d'Apollodore est le meilleur exemple de ce genre, avec les Fables d'Hygin et les Métamorphoses d'Antoninus Liberalis.
La poésie des époques hellénistique et romaine, plus apparentée à la littérature qu'à l'art lyrique, qui a néanmoins préservé de nombreux détails importants qui auraient sinon été perdus. Elle compte :
les poètes hellénistiques Apollonios de Rhodes et Callimaque de Cyrène ;
les poètes romains Virgile, Ovide, Properce, Stace et Valerius Flaccus ;
les poètes grecs de l'Antiquité tardive, comme Nonnos de Panopolis, Tryphiodore et Quintus de Smyrne.
Les anciens romanciers comme Parthénios de Nicée, Longus, Apulée et Héliodore.

Bibliographie
Timothy Gantz, Mythes de la Grèce archaïque, Belin, 2004 [détail édition].
Robert Graves, Les Mythes grecs [détail des éditions].
Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires », Paris, 1999 (1re édition 1969) (ISBN 2-13-050359-4) .
Alain Moreau, La Fabrique des mythes, Les Belles Lettres, Paris, 2006, (ISBN 2-251-32440-2).
Giulia Sissa et Marcel Detienne, La Vie quotidienne des dieux grecs, Hachette, 1999.
Jean-Pierre Vernant, L'Univers, les Dieux, les Hommes, Seuil, 2002.
Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Seuil, 1984.
Pierre Vidal-Naquet et Jean-Pierre Vernant :
Mythe et tragédie en Grèce ancienne (tome 2), La Découverte,
La Grèce ancienne, t. 1 : Du mythe à la raison et t. 2 : Rites de passages et trangression, Le Seuil.
Georges Hacquard, Guide mythologique de la Grèce et de Rome, Hachette Éducation, 1990 (ISBN 2010159713).
Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC), Artemis Verlag, 1981-1997.

Annexes

Articles connexes
Divinités olympiennes
Divinités grecques chtoniennes
Divinités grecques primordiales
Divinités grecques mineures
Évhémère, Évhémérisme
Généalogie de la mythologie grecque
Grèce antique
Mythologie romaine
Religion grecque antique

Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur la mythologie grecque.

Mythorama : sources et thésaurus.
LIMC-France : bases de données iconographiques LIMC-France.
[1] : Daremberg et Saglio (1877)
Les mythologies, sur le site Bibliotheca Classica Selecta.
Portail de la mythologie grecque Portail de la Grèce antique


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# Posté le samedi 27 juin 2009 07:10

Take my breath away...numéro 11 :)))))))))))))))))

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Science-fiction
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher Pour les articles homonymes, voir SF.
La science-fiction, prononcée /sjɑ̃s.fik.sjɔ̃/ (abrégé en SF), est un genre narratif (principalement littéraire et cinématographique) structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur et/ou les univers inconnus (planètes éloignées, mondes parallèles, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.). Il se distingue du fantastique, genre qui inclut une dimension inexplicable, et de la fantasy, qui parle de mondes magiques.


Paysage de science fiction
Amazing Stories, premier magazine de science-fiction américain
Revues de science-fiction espagnolesSommaire [masquer]
1 Étymologie et origine
1.1 Histoire du mot
1.2 Histoire du mot en France
2 Définitions et fonctionnement de la science-fiction
3 Sous-genres de la science-fiction
3.1 Hard science-fiction
3.2 Voyage dans le temps
3.3 Uchronie
3.4 Cyberpunk
3.5 Space opera
4 Histoire de la science-fiction
4.1 L'histoire officielle
4.2 Les « précurseurs »
4.3 Les « conjecteurs rationnels »
4.4 L'âge d'or
4.5 Mutations des années 1960-1970
4.6 Aujourd'hui
4.6.1 Une nouvelle géographie
4.6.2 Au cinéma
4.6.3 Dans le cinéma et les séries d'animation
4.6.4 En bande dessinée
5 Fandom, lectorat et prix littéraires
6 Sources
6.1 Études
6.2 Dictionnaires et encyclopédies
6.3 Références bibliographiques
7 Notes et références
8 Voir aussi
8.1 Articles connexes
8.2 Liens externes



Étymologie et origine [modifier]

Histoire du mot [modifier]
Le terme français « science-fiction » a pour origine le terme anglais «science fiction» qui est apparu pour la première fois en 1851 sous la plume de William Wilson dans un essai intitulé : A Little Earnest Book Upon A Great Old Subject.[1] Mais il ne s'agit que d'un usage isolé.

En janvier 1927, on trouve dans les colonnes du courrier de Amazing Stories la phrase suivante : « Remember that Jules Verne was a sort of Shakespeare in science fiction. »[2] Mais c'est en 1929, suite à l'éditorial d'Hugo Gernsback dans le premier numéro du pulp magazine intitulé Science Wonder Stories, que le terme commence à s'imposer en Amérique du Nord, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant de facto d'autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme « scientific romance » ou « scientifiction »[3].

Dans son essai intitulé On The Writing of Speculative Fiction, publié en 1947 dans Of Worlds Beyond, l'auteur américain Robert A. Heinlein plaida en faveur du concept de « speculative fiction », [4], ou fiction spéculative réaliste[5] pour se démarquer des récits de fantasy qui paraissaient encore à l'époque sous l'étiquette générale de science fiction. Si le néologisme de Robert A. Heinlein connut un grand succès jusque dans les années 1960, le terme de science fiction s'est toujours maintenu comme le concept de référence.


Histoire du mot en France [modifier]

Couverture du n°270 (juin 1976) illustrée par Philippe Legendre-KvaterEn France, le terme de science-fiction s'impose à partir des années 1950[6] avec pour synonyme et concurrent direct le mot anticipation. Précédemment, on parlait plutôt de "merveilleux scientifique" ou de voyages "extraordinaires".

Si le mot anglais original s'écrit le plus souvent science fiction, le mot français s'orthographie avec un tiret : science-fiction. L'abréviation française S.F. est devenue courante à partir des années 1970[6].


Définitions et fonctionnement de la science-fiction [modifier]
Une représentation répandue que l'on trouve dans les dictionnaires[7] dépeint la science-fiction comme un genre narratif qui met en scène des univers où se déroulent des faits impossibles ou non avérés en l'état actuel de la civilisation, des techniques ou de la science, et qui correspondent généralement à des découvertes scientifiques et techniques à venir.

Cette description générale recouvre cependant de nombreux sous-genres, comme la hard science-fiction, qui propose des conjectures plus ou moins rigoureuses à partir des connaissances scientifiques actuelles, les uchronies, qui narrent ce qui se serait passé si un élément du passé avait été différent, le cyberpunk, branché sur les réseaux, le space opera, la speculative fiction, le planet opera, le policier/science-fiction et bien d'autres (voir l'article Thèmes et genres de la science-fiction).

Cette diversité de la science-fiction rend sa définition difficile. Mais, bien qu'il n'existe pas de consensus à propos d'une définition de la science-fiction (presque tous les écrivains ont donné leur propre définition[8]), on admet généralement que certains mécanismes narratifs caractéristiques doivent être présents dans une ½uvre pour que l'on puisse la classer dans ce genre. Ainsi, The Cambridge Companion to Science Fiction[9] propose-t-il une synthèse de ces caractéristiques par la formulation de plusieurs réquisits dont l'absence semblerait interdire de parler de science-fiction.

L'expérience de pensée : le récit de science-fiction est toujours un que se passe-t-il si... ? C'est une fiction spéculative qui place les idées au même plan que les personnages.

La distanciation cognitive : le lecteur doit être embarqué dans un monde inhabituel.

« C'est notre monde disloqué par un certain genre d'effort mental de l'auteur, c'est notre monde transformé en ce qu'il n'est pas ou pas encore. Ce monde doit se distinguer au moins d'une façon de celui qui nous est donné, et cette façon doit être suffisante pour permettre des événements qui ne peuvent se produire dans notre société - ou dans aucune société connue présente ou passée. Il doit y avoir une idée cohérente impliquée dans cette dislocation ; c'est-à-dire que la dislocation doit être conceptuelle, et non simplement triviale ou étrange - c'est là l'essence de la science-fiction, une dislocation conceptuelle dans la société en sorte qu'une nouvelle société est produite dans l'esprit de l'auteur, couchée sur le papier, et à partir du papier elle produit un choc convulsif dans l'esprit du lecteur, le choc produit par un trouble de la reconnaissance. Il sait qu'il ne lit pas un texte sur le monde véritable. »
— Philip K. Dick, lettre du 14 mai 1981[10]

L'activité de compréhension du lecteur : elle fait suite à la distanciation. Le lecteur doit reconstruire un monde imaginaire à partir de connaissances qui ne relèvent ni du merveilleux ni du religieux, mais de théories ou de spéculations scientifiques, même s'il s'agit de connaissances qui violent les principes de nos connaissances actuelles. Ce monde inhabituel n'étant pas donné d'un coup, le lecteur doit se servir pour cela d'éléments fournis par l'auteur (objets techniques spécifiques, indices de structures sociales particulières, etc.). Ainsi, elle se distingue nettement de la fantasy, genre qu'elle côtoie dans les rayons des librairies, ce qui n'empêche pas l'écrivain Terry Pratchett de déclarer avec humour : « La science-fiction, c'est de la fantasy avec des boulons. »[11]

Les références à un bagage culturel commun : le vocabulaire et les thèmes de la science-fiction font partie d'une culture familière au lecteur qui lui permet de s'y reconnaître.


Sous-genres de la science-fiction [modifier]
Article détaillé : Genres de science-fiction.

Hard science-fiction [modifier]

Couverture du Galaxie n°140, par Philippe Legendre-Kvater (janvier 1976)Article détaillé : Hard science-fiction.
La hard science fiction, ou « hard SF », se caractérise par une attention particulière à tous les détails du récit qui concernent les sciences et les techniques, comme la physique, l'astrophysique et la chimie, ou plus généralement à la cohérence interne du récit et à la mise en ½uvre de la méthode scientifique par l'auteur. L'expression fut utilisée pour la première fois en 1957 par P. Schuyler Miller dans un compte-rendu de Islands of Space de John W. Campbell, publié dans la revue Astounding Science Fiction.[12] Ce genre est représenté par exemple par les ½uvres de Arthur C. Clarke, Stephen Baxter et Greg Egan.


Voyage dans le temps [modifier]
Article détaillé : Voyage dans le temps.
Le voyage dans le temps peut être un genre à part entière, ou l'un des thèmes d'une ½uvre. Ce genre affronte les problèmes liés aux paradoxes temporels, comme le paradoxe du grand-père, mais peut amener à des réflexions sur certains événements historiques lorsque, par exemple, un personnage crée l'histoire qu'il voulait en fait observer, comme dans Voici l'homme de Michael Moorcock. Le classique du genre est La Machine à explorer le temps de H. G. Wells.


Uchronie [modifier]
Article détaillé : Uchronie .
L'uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l'issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles.


Cyberpunk [modifier]
Article détaillé : Cyberpunk.
Le Cyberpunk est un sous-genre de la science-fiction décrivant un monde dystopique et dont l'origine remonte au début des années 1980.


Space opera [modifier]
Article détaillé : Space opera.
Les récits de space opera ont pour caractéristique commune de se dérouler à une échelle interplanétaire.


Histoire de la science-fiction [modifier]

L'histoire officielle [modifier]
L'histoire de la science-fiction fait l'objet d'une version officielle, qui se ramène en général à des étapes standards : précurseurs, fondateurs, âge d'or, renouveau et diversification. Cette histoire officielle est une simplification qui reflète mal la complexité du genre.[13] Elle peut également occulter le fait que de nombreux aspects de l'histoire de ce genre (comme les raisons sociales, économiques, culturelles de son développement dans tel pays) n'ont pas fait, ou très peu, l'objet d'études approfondies. Les études de la science-fiction en tant que littérature à part entière sont également peu nombreuses.


Les « précurseurs » [modifier]
De même que par un débat sans fin on tente de définir la science-fiction, ses historiens ne sont pas toujours d'accord sur les origines du genre, et c'est un poncif de l'histoire officielle de la science-fiction de rechercher dans les écrits les plus anciens les origines de ce genre. Ainsi, pour certains, cela commence très tôt avec les mythes et les religions. D'autres voient L'Histoire véritable, de Lucien de Samosate, comme le premier ouvrage relevant du genre.[14] Ses voyages extraordinaires auront une très longue postérité. Mais cette archéologie se heurte à une objection :

« L'erreur de tout historien de la science-fiction est de négliger qu'il ne peut y avoir de science-fiction (même baptisée "anticipation scientifique") tant qu'il n'y a pas de sciences, et même de sciences appliquée. »[15]
D'autres, c'est le cas de Brian Aldiss dans son essai Trillion Year Spree, considèrent que le premier roman de science-fiction n'est autre que le roman Frankenstein de Mary Shelley. C'est du moins le premier ouvrage dans lequel un auteur prétend créer une histoire fantastique qui ne relève pas de la pure fantaisie ou du surnaturel : "The event on which this fiction is founded has been supposed, by Dr. Darwin, and some of the physiological writers of Germany, as not of impossible occurrence."

Parmi les précurseurs sont souvent cités :

Lucien de Samosate (125-192), Histoire véritable
Thomas More (1478-1535), Utopia, 1516
Francis Godwin (1562-1633), et son Man in the Moon, 1638
Johannes Kepler (1571-1630), Somnium, 1634
Cyrano de Bergerac (1616-1655), Histoire comique des États et Empires de la Lune et Histoire comique des États et Empires du Soleil (satiriques), 1627
Jonathan Swift (1667-1745), Les Voyages de Gulliver, 1726
Voltaire (1694-1778), Micromégas, (relate l'arrivée de géants provenant de Saturne et Sirius), 1752
Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), L'an 2440, rêve s'il en fut jamais, 1771
Mary Shelley (1797-1851), Frankenstein, 1818
Edgar Allan Poe (1809-1849), Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall, 1835
C. I. Defontenay (1819-1856), Star ou Psi de Cassiopée, 1854
Auguste Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889), Ève future (apparition du premier androïde), 1886

Les « conjecteurs rationnels » [modifier]

Un train aérien. Illustration de La fin du monde de Camille Flammarion. 1911.L'histoire officielle de la science-fiction désigne deux pères fondateurs de la science-fiction moderne : Jules Verne (1828-1905) avec De la Terre à la Lune en 1865 ou 20 000 lieues sous les mers en 1870, et H.G. Wells (1866-1946) avec notamment La Machine à explorer le temps (1895), L'Homme invisible (1897) ou La Guerre des mondes (1898). Ces auteurs ne sont cependant que deux auteurs d'une époque qui voit fleurir de nombreux romans d'anticipation scientifique. Cette floraison est favorisée par l'alphabétisation de la fin du XIXe siècle et le développement d'une littérature populaire diffusée par des revues.

Edward Everett Hale (1822-1909), dont The Brick Moon (1869) et sa suite Life on the Brick Moon, mettent en scène le premier satellite artificiel ;
le capitaine Danrit (1855-1916), qui explora les thèmes du militarisme, de la guerre et du colonialisme à travers le roman d'anticipation : La Guerre de demain (1888-1893), La Guerre au XXe siècle : L'invasion noire (1894);
les frères Boex (1856-1940, 1859-1948), qui écrivirent ensemble sous le pseudonyme J.-H. Rosny jusqu'en 1919 (avant de poursuivre leur ½uvre séparément sous les noms de J.-H. Rosny aîné et J.-H. Rosny jeune). Ensemble, ils ont livré Les Xipéhuz (1887) et La Mort de la Terre (1910). En 1925, J.-H. Rosny aîné crée le terme astronaute dans son roman Les Navigateurs de l'infini ;
Edgar Rice Burroughs (1875-1950) et son héros John Carter dans le Cycle de Mars.
Maurice Renard
Gustave Le Rouge

L'âge d'or [modifier]

AstoundingSi la science-fiction a vu le jour en Europe et s'est bien développée en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, ce sont les États-Unis, entre 1920 et 1950, qui donneront au genre son âge d'or. Ce déplacement de l'Europe aux États-Unis peut s'expliquer par plusieurs facteurs : d'une part, la presse populaire en Europe est plus exposée à la censure liée aux publications pour la jeunesse ; d'autre part, la littérature, en France particulièrement, est fortement hiérarchisée entre une littérature distinguée et une littérature de masse.[16]

Un autre facteur est l'industrialisation de la presse, qui permet des publications bon marché et à gros tirage. C'est à ce moment que se multiplient les revues spécialisées de science-fiction qui suivent la tradition des pulps (revues populaires de faible qualité et très peu chères). Citons parmi les premières du genre Weird Tales, née en 1923 ; Amazing Stories, née en 1926 ; Wonder Stories, née en 1929 ; Astounding Stories, née en 1930. Aux États-Unis, plus de 30 revues existeront simultanément. L'édition sous forme de livres des textes de science-fiction est plus tardive, et se manifestera plus particulièrement après la Seconde Guerre Mondiale, avec le livre de poche, et dans des pays dont l'industrie favorise ce type de format aux détriments de la revue, comme la France. Elle précède de peu la disparition de nombreuses revues.

Ce support de parution a fortement marqué le genre. Le format et la périodicité ont fait que beaucoup de nouvelles et de courts romans (novellas) ont été écrits. Les ½uvres longues n'étaient que le fait des auteurs les plus célèbres et paraissaient par épisodes, ce qui n'était pas sans conséquences sur le texte puisque les auteurs devaient s'y adapter.

De ces premiers magazines spécialisés ont émergé la plupart des principaux écrivains classiques de science-fiction : Howard Phillips Lovecraft, Isaac Asimov, Frank Herbert, Ray Bradbury, Arthur C. Clarke, Frederik Pohl, Robert A. Heinlein, Alfred Bester, A. E. van Vogt, Clifford Donald Simak, etc.

Si cette période voit apparaître les auteurs de référence, les productions habituelles n'en sont pas moins médiocres :

« [...] très vite les magazines se multiplient. Ils visent d'abord un public populaire et sacrifient la qualité littéraire ou même la vraisemblance à la recherche du sensationnel [...]. »[17]
Elle est aussi marquée par son temps, en particulier dans les années 1930-1940 où à travers les poncifs du genre transparaissent des thèmes nationaux et populistes :

« On définit souvent ainsi la « dernière » époque Gernsback : des récits sans véritable rigueur narrative, où les aventures s'enchaînent de façon simpliste, où la « conjecture » est réduite à un changement de décor et l'altérité des peuples et planètes extra-terrestres, simplifiée en « danger universel » ; un merveilleux scientifique proche du scientisme et s'encombrant moins de rigueur que de brillant ; une action frénétique mise au service d'une morale réactionnaire. »[18]
La science-fiction n'échappe pas non plus à l'influence du nazisme (voir Science-fiction et nazisme).


MetropolisCette période fut aussi marquée par l'émergence du cinéma, né en 1895. Celui-ci se tournera très tôt vers la science-fiction et le fantastique, avec Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902) et les films de l'expressionnisme allemand, comme le Nosferatu (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) de F.W. Murnau (1922) et Metropolis de Fritz Lang (1927). Parmi les films majeurs de cette période, on peut citer Frankenstein (James Whale, 1931), King Kong (Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, 1933), qui étonna par ses effets spéciaux, Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still, Robert Wise, 1951 — qui réalisera plus tard le premier Star Trek) et Planète interdite (Forbidden Planet, Fred M. Wilcox, 1956). Mais il ne faut pas oublier une production plus populaire mais aussi emblématique, caractérisée (avant l'ère de la télévision) par les serials, films découpés en épisodes, dont les héros s'appelaient Flash Gordon (1936, 13 épisodes) ou Buck Rogers (1939, 12 épisodes).

La bande dessinée ne fut pas en reste, avec l'explosion des comics comme Buck Rogers et Flash Gordon, et ceux qui sont consacrés aux super-héros (Superman, Batman, Wonder Woman (de la DC Comics), ou bien encore Spider-Man, les Quatre Fantastiques, les X-Men (de la Marvel)).

En France, de 1953 à 1962, les publications Artima développèrent ce genre dans des publications de kiosque, avec des histoires originales (Meteor, Atome Kid), et des traductions de matériel britannique (La Famille Rollinson dans l'espace) ou américain (Aventures Fiction, Sidéral, etc.).


Mutations des années 1960-1970 [modifier]

Illustration de couverture du Galaxie bis n°45 (1975)Depuis les années 1960-1970 émerge une science-fiction plus mûre. Elle se penche sur notre société et propose souvent des réflexions sur des problèmes immédiats (écologie, sociologie, rôle des medias, rapport au pouvoir, aux nouvelles technologies, à l'histoire). Elle est ancrée dans son temps et ses problématiques, tout en restant ½uvre d'évasion. Elle sert aussi d'exutoire comme le fut La Guerre éternelle de Joe Haldeman, roman dans lequel l'auteur exorcise sa guerre du Viêt Nam. Cela n'empêche pas les éditeurs de continuer à publier une science-fiction purement distractive.

La science-fiction a également exploré d'autres voies à travers l'expérimentation stylistique. Au Royaume-Uni, la New Wave est née autour de Michael Moorcock et sa revue New World (J. G. Ballard, dont le roman Crash est un bon exemple des recherches formelles poursuivies par cette école). Aux États-Unis s'est développée la New Thing (Harlan Ellison, Roger Zelazny) et en France, Michel Jeury s'est inspiré du Nouveau Roman dans Les Singes du temps et Le Temps incertain.


Aujourd'hui [modifier]
Depuis lors, la science-fiction est un genre riche et diversifié. Elle mêle des ½uvres de grande qualité (et a gagné ses lettres de noblesse littéraires avec des auteurs comme Ray Bradbury) à de la « littérature de gare ». Parmi les auteurs contemporains, on peut citer Orson Scott Card, Dan Simmons et Peter F. Hamilton (actuellement best-seller au Royaume-Uni et considéré comme le rénovateur du genre space opera).

Les sous-genres, évoqués au début du texte, se sont aussi multipliés et de nouveaux continuent d'apparaître.


Une nouvelle géographie [modifier]
La science-fiction a aussi étendu son essor géographiquement, bien au-delà des États-Unis. On a vu, par exemple, une « nouvelle vague » de science-fiction française dans les années 1970 (avec, entre autres, Pierre Pelot (alias Pierre Suragne), Jean-Pierre Andrevon, Gérard Klein (également responsable de la collection Ailleurs et Demain des éditions Robert Laffont, qui a beaucoup fait pour donner à cette littérature ses lettres de noblesse), Michel Jeury, Philip Goy, Dominique Douay ou encore Philippe Ebly (pour les enfants et adolescents des années 1970 et 1980).Et aussi René Barjavel qui excelle dans ce domaine. On compte aussi de nombreux auteurs de talent dans les pays de l'Est (rarement traduits en français) avec à leur tête le Polonais Stanislas Lem (Stanisław Lem) et les frères russes Arcadi et Boris Strougatski.

Si en France les revues spécialisées n'ont jamais joué un rôle de premier plan, comme aux États-Unis, elles n'en existent pas moins. Parmi les principales, on peut citer Galaxies, Bifrost, Fiction, Khimaira, Lunatique, Science fiction magazine, Solaris, Univers.


Au cinéma [modifier]
Aujourd'hui, la science-fiction est toujours bien présente. Elle a gagné plusieurs lectorats, s'est popularisée avec le cinéma et nombre de ses thèmes sont ancrés dans l'esprit de chacun. La science-fiction est un des genres majeurs du cinéma, soit sous la forme d'adaptations d'½uvres littéraires, soit sous la forme de créations originales. Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Meliès est ce que l'on peut considérer comme le premier film de science-fiction. Parmi les films importants qui imposèrent un certain nombre de standards, on peut retenir 2001, l'odyssée de l'espace (2001 : À Space Odyssey (1968)), de Stanley Kubrick, La Guerre des étoiles (1977), de George Lucas, Alien - Le huitième passager (1979), Blade Runner (1982), de Ridley Scott, tiré d'un roman de Philip K. Dick, ainsi que la série télévisée Star Trek (à partir de 1966), sans oublier Stargate (1994), de Roland Emmerich et ses séries à succès Stargate SG-1, Stargate Atlantis et Stargate Universe (respectivement, à partir de 1996,2004 et 2008). Plus récemment le remake La Guerre des Mondes, d'après H.G. Wells, réalisé par Steven Spielberg, qui a également réalisé en 2002 Minority Report, d'après une nouvelle de Philip K. Dick et encore Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol (Gattaca, 1997). L'idée que l'on a du film de science-fiction est souvent associée à une débauche d'effets spéciaux, mais il existe des films dits de « science-fiction minimaliste », qui mettent en scène la fiction sans aucun effet spécial, uniquement en jouant avec le cadrage, la mise en scène, le jeu d'acteurs et la musique ; citons, par exemple, La Jetée de Chris Marker (1962), Solaris et Stalker d'Andrei Tarkovsky (1979), Le Trésor des îles Chiennes de François-Jacques Ossang (1990), ou encore Cypher (film, 2002) de Vincenzo Natali, et FAQ: Frequently Asked Questions de Carlos Atanes (2004).

Voir une chronologie détaillée dans l'article Chronologie du cinéma de science-fiction


Dans le cinéma et les séries d'animation [modifier]
Concernant le cinéma d'animation, les Japonais occupent une place prépondérante tant au cinéma qu'à la télévision (on parle d'anime ou de manga eiga pour désigner ces réalisations), avec notamment des réalisateurs comme Leiji Matsumoto (univers d'Albator et ses dérivés), Katsuhiro Otomo (Akira) et Mamoru Oshii (Ghost in the Shell). Mais des réalisations françaises (Le Secret des Sélénites ou Les Fabuleuses aventures du légendaire Baron de Munchausen de Jean Image, Gandahar de René Laloux), ou bien états-uniennes (Métal hurlant), font partie intégrante du développement de la science-fiction dans le cinéma d'animation.

La déferlante des séries d'animation japonaises (parfois co-produites avec des Français ou des Américains), qui constituèrent l'essentiel des programmes « jeunesse » de la télévision française durant la décennie 1978-1988, contribua largement à populariser le genre en France, bénéficiant d'une diffusion médiatique de masse sur des chaînes hertziennes (TF1, Antenne 2, FR3, puis La Cinq) aux heures de grande audience. De ce fait, des séries telles que Goldorak, Capitaine Flam, Albator, Il était une fois... l'Espace, La Bataille des planètes et Ulysse 31 ont marqué une génération d'enfants français.


En bande dessinée [modifier]
En bande dessinée, la science-fiction est l'occasion de développer des univers esthétiques fabuleux.

Aux États-Unis, après l'explosion des comics comme Buck Rogers et surtout Flash Gordon d'Alex Raymond (1934). Les précurseurs français sont Raymond Poïvet et Roger Lecureux avec les Pionniers de l'Espérance (1945), Marijac et Auguste Liquois ou Pierre Duteurtre avec Guerre à la Terre publié par Coq hardi (1946/47) et Kline avec Kaza le Martien parut dans l'hebdomadaire OK (Belgique), de 1946 à 1948. Cette bande dessinée s'inspirait de Flash Gordon. En 1947 au Québec, le journal Le Progrès du Saguenay publie la première bande dessinée de science-fiction du pays : Les Deux Petits Nains, du jeune Paulin Lessard.

Il est difficile de ne pas parler d'Edgar P. Jacobs, dont Le Rayon U fut publié en 1943. À la fin des années 1940, il créé la série des aventures de Blake et Mortimer, un classique du genre.

Il y eut ensuite Barbarella (1962) de Jean-Claude Forest, Les Naufragés du temps (1964) de Paul Gillon et Jean-Claude Forest, Lone Sloane (1966) de Philippe Druillet, Luc Orient (1967) d'Eddy Paape et Greg et enfin et surtout Valérian, agent spatio-temporel devenu plus tard Valérian et Laureline de Jean-Claude Mézières, Pierre Christin et Evelyne Tran-Lê (de 1967 à aujourd'hui) qui popularisa le genre science-fiction en bande dessinée. Christin et Mézières souhaitaient que les aventures de Valérian et Laureline soient aussi des histoires de politique-fiction (écologie, relation de classes ou de travail, féminisme, syndicalisme, etc.) plutôt situées à gauche[19] mais non directement ou ouvertement politique comme il peut y en avoir dans Charlie-Hebdo[20]. Mézières fut largement pillé par les décorateurs et les costumiers de George Lucas, qui possédait, entre autres, nombre des albums de Valérian dans sa bibliothèque, pour La Guerre des étoiles (1977)[21],[22].

Roger Leloup est un scénariste et dessinateur belge dont la série Yoko Tsuno se déroule dans un univers empreint de science-fiction.

Certains albums des Aventures de Tintin et Milou peuvent être classés dans la catégorie "science-fiction", par exemple On a marché sur la Lune, qui raconte, avec quinze ans d'avance, le premier voyage sur la lune, ou Vol 714 pour Sydney, qui fait intervenir des extraterrestres.

Parmi les grands créateurs du genre, on compte beaucoup de dessinateurs et de scénaristes français ou travaillant en France, notamment ceux qui gravitent autour du journal Métal hurlant ; citons, par exemple, Enki Bilal, Caza, Philippe Druillet, Alejandro Jodorowsky, Olivier Ledroit, Moebius et Olivier Vatine. Pareillement avec le magazine bimensuel Ere comprimée avec Dick Matena, Rafa Negrete ou encore Cacho Mandrafina.

Aux États-Unis, on peut citer Alex Raymond, Richard Corben, Frank Miller, et les Britanniques Simon Bisley, Pat Mills (scénariste) et Alan Moore (scénariste).

En 1950, Frank Hampson créa pour le magazine britannique Eagle, Dan Dare, Pilot of the Future.

Les mangas (bandes dessinées japonaises) exploitent elles aussi énormément les thèmes de la science-fiction et du fantastique. Citons par exemple Go Nagai, Katsuhiro Otomo et Masamune Shirow.


Fandom, lectorat et prix littéraires [modifier]
Articles détaillés : Fandom de la science-fiction et Prix littéraires de science-fiction.
La littérature de science-fiction a généré une importante activité : du fait de sa publication relativement marginale, elle a très tôt suscité la création de formes d'institutionnalisation qui lui étaient refusées par la littérature « distinguée » et la critique littéraire source de légitimité. Des communautés d'initiés se sont créées : l'expression fandom de la science-fiction ou fandom SF fait ainsi référence à la communauté de gens dont l'un des intérêts principaux réside dans la science-fiction, ces personnes étant en contact les uns avec les autres en raison de cette passion commune.

Des prix littéraires ont aussi été créés, d'abord par les amateurs de science-fiction, puis par des éditeurs qui ont marqué une professionnalisation du genre. Les plus importants de ces prix sont le Prix Hugo et le Prix Nebula pour les USA et pour la France le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Rosny aîné.

Le lectorat de la science-fiction est majoritairement composé de garçons, collégiens ou lycéens.[23]


Sources [modifier]

Études [modifier]
Jacques Baudou, La Science-fiction, Que sais-je ?, PUF, 1985
Roger Bozzetto, La Science-fiction, Armand Colin, 2007
Amis Kingsley (Préface de Jean-Louis Curtis), L'Univers de la science-fiction, traduit de l'américain par Élisabeth Gille, Payot, 1962
I. Langlet, La Science-fiction. Lecture et poétique d'un genre littéraire, Armand Colin, 2006
Gilbert Millet et Denis Labbé, La Science-fiction, Belin, janvier 2002
André-François Ruaud et Raphaël Colson, Science-fiction, une littérature du réel, Klincksieck, 2006
Richard Saint-Gelais, L'Empire du pseudo : modernités de la science-fiction, Québec, Nota Bene, 2005, ISBN 2-89518-034-2
Darko Suvin, Pour une poétique de la science-fiction, Presses de l'Université du Québec, 1977

Dictionnaires et encyclopédies [modifier]
Brian Ash, "Encyclopédie visuelle de la science fiction", Albin Michel, ISBN 2-226-00691-5
Claude Aziza & Jacques Goimard, Encyclopédie de poche de la science-fiction, Presses Pocket, 1986
Stan Barets, Le Science-fictionnaire (anciennement « Catalogue des âmes et cycles de la science-fiction » publié en 1981), « Présence du futur » Denoël
Francis Berthelot, Bibliothèque de l'Entre-Mondes : Guide de lecture, les transfictions, « Folio science-fiction » Gallimard
(en) John Clute and Peter Nicholls, The Encyclopedia of Science Fiction, New York: St Martin's Press, 1995, ISBN 0-312-13486-X.
Jacques Goimard, Critique de la science-fiction, « Agora » Pocket, 2002
Lorris Murail, Le Guide Totem de la science-fiction, Larousse, 1999
François Rouiller, 100 mots pour voyager en Science-Fiction, Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2006
Francis Valéry, Passeport pour les étoiles, « Folio science-fiction » Gallimard
Pierre Versins, Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction, l'Âge d'homme, 1972

Références bibliographiques [modifier]
Science Fiction Studies
Base de données bibliographique, site Quarante-Deux

Notes et références [modifier]
↑ A Little Earnest Book Upon A Great Old Subject, p. 137 [archive], disponible sur Google Livres.
↑ Citations [archive] de cette expression sur le site Science Fiction Citations.
↑ Roger Bozzetto, La Science-fiction, Armand Colin, 2007
↑ Citations [archive] de cette expression sur le site Science Fiction Citations.
↑ Robert A. Heinlein, "Grandeur et misères de la science-fiction", in Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel, Editions du Somnium, 2008.
↑ a  b  Cf. « Le nouveau petit Robert, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française », Éditions du Dictionnaire Le Robert, 1993.
↑ Voir, par exemple, la définition du Trésor de la langue française [archive].
↑ Voir un échantillon sur Wikipedia anglophone : Definitions of science fiction.
↑ The Cambridge Companion to Science Fiction, Cambridge University Press, 2003, pp. 3-6.
↑ Philip K. Dick, nouvelles 1947-1953, Denoël, 2000
↑ Anne Besson, La Fantasy, Klincksieck, 2007
↑ Westfahl, Gary, "Introduction", Cosmic Engineers: A Study of Hard Science Fiction (Contributions to the Study of Science Fiction and Fantasy), Greenwood Press, p. 2. ISBN 978-0-313-29727-4.
↑ I. Langlet, La Science-fiction, Lecture et poétique d'un genre littéraire, Armand Collin, 2006, p. 134.
↑ Roger Bozzetto, La Science-fiction, Armand Colin, 2007
↑ Jean Gattégno, La Science-fiction, Que sais-je, 1426, 1971, p.9.
↑ I. Langlet, La Science-fiction, Lecture et poétique d'un genre littéraire, Armand Collin, 2006, p. 142.
↑ La Grande Anthologie de la science-fiction, Histoires de robots, « Introduction à l'anthologie », p. 9.
↑ I. Langlet, La Science-fiction, Lecture et poétique d'un genre littéraire, Armand Collin, 2006, p. 143.
↑ Auracan n° 21 éditions Graphic Strip 1998 ISSN 0777-5962
↑ Les Cahiers de la bande dessinée n° 7 éditions Jacques Glénat 1970
↑ Sur les traces de Valérian et consorts Libération 13/10/1999
↑ Noirs dessins Jean-Philippe Guerand Le Nouveau cinéma novembre 1999
↑ Enquête de la revue Lecture-Jeune. Voir aussi S. Manfrédo, La Science-fiction, aux frontières de l'homme, p. 126.

Voir aussi [modifier]

Voir sur Wikisource : science-fiction.


Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur science-fiction.

Voir aussi sur Wikiquote les citations « science-fiction ».
Articles connexes [modifier]
Thèmes de la science-fiction
Genres de science-fiction
Auteurs de science-fiction
Littérature allemande de science-fiction
Cinéma allemand de science-fiction
Lunatique (revue)
Transhumanisme (courant de pensée inspiré de la SF)

Liens externes [modifier]
Catégorie Science Fiction et Fantastique de l'annuaire dmoz
Catégorie Littérature Science-fiction et fantastique de l'annuaire dmoz




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Thèmes et genres - Auteurs - Prix littéraires
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Mélodie
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Voir « mélodie » sur le Wiktionnaire.


Musique [modifier]
Mélodie : succession de hauteurs — on peut alors parler de « ligne mélodique ».
Mélodie : genre musical.
Mélodie : groupe de musique.

Divers [modifier]
Mélodie : sonorités agréables d'un segment de texte en poésie — on parlera par exemple de la « mélodie d'un vers ».
Mélodie : nom d'une petite fée.

Voir aussi [modifier]
Mélodie Cocktail : long-métrage d'animation produits par les Studios Disney (1948).
Mélodie de Jenny : manga de Tsukasa Hōjō.
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Voir aussi [modifier]
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Mélodie (genre)
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En musique classique, une mélodie est dans la musique française, une forme musicale particulière, consistant en une brève composition pour voix accompagnée par un piano ou par un ensemble instrumental, sur des paroles généralement empruntées à des textes poétiques ou d'½uvres de grands poètes.

Les mélodies doivent beaucoup aux lieds.

Le lied (au pluriel, des lieds ou des lieder) est utilisé spécifiquement dans la musique savante de langue allemande. Le lied se distingue par sa volonté de puiser aux sources populaires et peut être daté de la première moitié du XVIIIe siècle. Les lieds puisent dans le romantisme allemand avec des situations sombres où toute l'intimité de l'âme peut s'épancher au travers des poètes : le lied tire sa notoriété de réputés compositeurs allemands, tels Franz Schubert, Robert Schumann, Johannes Brahms et Hugo Wolf.
Le mot song correspond en anglais aux mélodies ou lieder mais ne désigne pas forcément un genre particulier.
Sommaire [masquer]
1 Histoire
1.1 Recueils majeurs
1.2 Compositeurs principaux
2 Caractéristiques
3 Interprétation
3.1 Le problème interprétatif posé par la mélodie
3.2 Chanteurs et chanteuses
3.3 Accompagnateurs
4 Voir aussi
4.1 Liens internes



Histoire [modifier]
La mélodie française naît vers le milieu du XIXe siècle, en France, bien sûr, mais en empruntant son nom aux Irish melodies de Thomas Moore. Cette forme musicale pour voix et piano (parfois pour voix et orchestre) se développe de manière autonome tout en empruntant à la romance dont elle est fille et au lied auquel on l'oppose fréquemment On prétend que le lied, d'essence germanique, serait plus populaire et plus proche de la chanson que la mélodie. Cette assertion est manifestement fausse quand on analyse bon nombre de lieder de Schumann, de Brahms,de Hugo Wolf, de Strauss... Cependant, la mélodie française est particulièrement attentive à la qualité et au sens des vers qu'elle met en musique et l'extrême raffinement de sa courbe vocale, de ses rythmes et de ses harmonies la distinguent incontestablement. Les deux livres majeurs qui éclairent l'histoire et l'esthétique de la mélodie française sont :

F. Noske, "La mélodie française de Berlioz à Duparc", Amsterdam, puis Paris, 1954
M. Faure et V. Vivès, "Histoire et poétique de la mélodie française", Paris, 2000
On s'accorde à considérer les Nuits d'été (1841) d'Hector Berlioz comme le premier exemple de ce genre. Néanmoins, certaines compositions de Charles Gounod peuvent prétendre au nom de mélodies.


Recueils majeurs [modifier]
Hector Berlioz : Les Nuits d'été (1841), sur des textes de Théophile Gautier
Gabriel Fauré : La Bonne Chanson (1870), sur des textes de Paul Verlaine
Claude Debussy : Ariettes oubliées (1885), sur des textes de Paul Verlaine
Maurice Ravel : Histoires Naturelles (1907), sur des textes de Jules Renard
Francis Poulenc : La Courte Paille (1960), sur des textes de Maurice Carême.

Compositeurs principaux [modifier]
La mélodie française atteignit ses sommets par de nombreux compositeurs, tels :

Hector Berlioz
Emmanuel Chabrier
Claude Debussy
Henri Duparc
Gabriel Fauré
Charles Gounod
Olivier Messiaen
Francis Poulenc
Maurice Ravel

Caractéristiques [modifier]
On pourra remarquer, dans ce genre très particulier, une grande attention dans la clarté de l'expression, à la précision des formes. Cette concision découle souvent de la volonté de rendre le poème le plus intelligible possible et de le servir au mieux par la musique. Le poème est donc le point de départ de la composition d'une mélodie.


Interprétation [modifier]

Le problème interprétatif posé par la mélodie [modifier]
Si la relation très particulière qu'entretiennent texte et musique dans le genre de la mélodie requiert du compositeur une parfaite connaissance des règles poétiques et de la diction, il en est de même pour l'interprète, qui se doit d'avoir également une prononciation parfaite.


Chanteurs et chanteuses [modifier]
Le lied et la mélodie française demandant un style vocal particulier : des voix très souples, plus confidentielles, et donc s'y faisant moins fortes qu'à l'opéra, avec une diction irréprochable, pour exprimer mais sans emphases indues les subtils sentiments sous-tendus par l'½uvre. Le genre étant dès l'origine fait pour le salon plutôt que pour de très grandes salles, leurs interprètes s'y sont spécialisés par plusieurs années de formation pratique auprès d'un maître. Mais ils n'ont pas toujours nécessairement renoncé à tenir aussi en parallèle des rôles à l'opéra, où ils doivent déployer tout le volume de leur voix, qui s'y fait alors moins intimiste.

Femmes
Elly Ameling
Régine Crespin
Claire Croiza
Mireille Delunsch
Felicity Lott
Hommes
Gabriel Bacquier
Pierre Bernac
Bernard Kruysen
Bruno Laplante
François Le Roux
Louis Puthod
Camille Maurane
Charles Panzéra
Gérard Souzay

Accompagnateurs [modifier]
La mélodie française n'est pas seulement affaire de voix : l'accompagnement (le plus souvent au piano) n'est pas à négliger. Là aussi, certains pianistes se sont spécialisés dans le genre.

Dalton Baldwin
Jacqueline Bonneau
Graham Johnson
Noël Lee
Pierre Maillard-Verger
Gerald Moore
Francis Poulenc

Voir aussi [modifier]

Liens internes [modifier]
Genre musical
Lied
Mélodie (succession de hauteurs)
Musique
Musique classique
Musique vocale
Portail de la musique classique
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Inuyasha: Take My Breath Away - *Hamsterized* numéro 9 :)))))))))))))))))))

http://fr.wikipedia.org/wiki/Romantisme

Romantisme
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher Cet article ou cette section est sujet à caution car il ne cite pas suffisamment ses sources. (juin 2008)
Pour rendre l'article vérifiable, signalez les passages sans source avec {{Référence nécessaire}} et liez les informations aux sources avec les notes de bas de page. (modifier l'article)


Caspar David Friedrich, Le voyageur au-dessus de la mer de nuages, 1817-1818 (Kunsthalle de Hambourg).Le romantisme est un courant artistique d'Europe occidentale apparu au cours du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne et en Allemagne, puis au XIXe siècle en France, en Italie et en Espagne. Il se développe en France sous la Restauration et la monarchie de Juillet, par réaction contre la régularité classique jugée trop rigide et le rationalisme philosophique des siècles antérieurs.

Le romantisme s'esquise par la revendication des poètes du « je » et du « moi », qui veulent faire connaître leurs expériences personnelles et faire cesser cet aspect fictif attribué aux poèmes et aux romans. Le romantisme se caractérise par une volonté d'explorer toutes les possibilités de l'art afin d'exprimer les extases et les tourments du c½ur et de l'âme : il est ainsi une réaction du sentiment contre la raison, exaltant le mystère et le fantastique et cherchant l'évasion et le ravissement dans le rêve, le morbide et le sublime, l'exotisme et le passé. Idéal ou cauchemar d'une sensibilité passionnée et mélancolique, ses valeurs esthétiques et morales, ses idées et thématiques nouvelles ne tardèrent pas à influencer d'autres domaines, en particulier la peinture et la musique.

Sommaire [masquer]
1 Définition du romantisme
1.1 Premier sens (étymologique)
1.2 Deuxième sens (sens adopté par l'histoire littéraire)
2 Le romantisme allemand
3 Le romantisme britannique
4 Le romantisme français
5 Bilan
5.1 Sens profond du romantisme
5.2 L'individualisme
5.3 Le lyrisme
5.4 Causes de la transformation du romantique
6 Articles connexes
6.1 Manifestations
6.2 Artistes romantiques, précurseurs et autres
7 Bibliographie
8 Source
9 Liens externes
10 Notes et références



Définition du romantisme [modifier]
Le romantisme commence en Allemagne, Novalis en définit le programme dès 1798 : « Le monde doit être romantisé. Ainsi on retrouvera le sens originel. [...] Quand je donne aux choses communes un sens auguste, aux réalités habituelles un sens mystérieux, à ce qui est connu la dignité de l'inconnu, au fini un air, un reflet, un éclat d'infini : je les romantise »[1].

En France on a donné le nom de romantisme au grand courant littéraire qui a commencé aux environs de 1820 et s'est poursuivi jusqu'aux alentours de 1850, pendant la Restauration et la Monarchie de Juillet. Ce nom désigne un art où l'imagination et la sensibilité prédominent sur tout autre faculté de l'esprit. Plus généralement, il évoque des formules diamétralement opposées à celle de l'art dit classique des XVIIe et XVIIIe siècles.

"La définition du romantisme, c'est d'être indéfinissable", écrit la duchesse de Duras en 1824[2].

Le mot romantisme n'a pris ce sens précis que tardivement. La crise romantique de la littérature française n'est qu'un des aspects tardifs d'un mouvement bien plus général, qui s'est fait sentir dans l'Europe. Comme la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie ont eu leurs romantiques, et au nom de Hugo répondent ceux de Byron, de Novalis et de Pouchkine. L'art pictural n'est pas moins concerné que la littérature avec Delacroix, David d'Angers, et la musique avec Berlioz, Wagner.

Baudelaire a proposé sa définition du romantisme au Salon de 1846 : « Le romantisme n'est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. Ils l'ont cherché en dehors, et c'est en dedans qu'il était seulement possible de le trouver. Pour moi, le romantisme est l'expression la plus récente, la plus actuelle du beau. Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur. La philosophie du progrès explique ceci clairement; ainsi, comme il y a eu autant d'idéaux qu'il y a eu pour les peuples de façons de comprendre la morale, l'amour, la religion, etc., le romantisme ne consistera pas dans une exécution parfaite, mais dans une conception analogue à la morale du siècle. C'est parce que quelques-uns l'ont placé dans la perfection du métier que nous avons eu le rococo du romantisme, le plus insupportable de tous sans contredit. Il faut donc, avant tout, connaître les aspects de la nature et les situations de l'homme, que les artistes du passé ont dédaignés ou n'ont pas connus. Qui dit romantisme dit art moderne, – c'est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l'infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts. »


Premier sens (étymologique) [modifier]
Dans son sens le plus vaste, le mot romantisme signifie conception de la vie relative au « roman », conception dont on trouve l'expression dans les récits épiques des peuples romans. Le romantisme ainsi compris est donc une mentalité d'inspiration chrétienne et nord-occidentale, par opposition à la mentalité antique et classique, d'inspiration païenne et d'origine gréco-latine. De cette mentalité est sorti un art cherchant à représenter l'infini, se portant volontiers vers l'inaccessible, le merveilleux, le fantastique, le mystérieux, tandis que l'art antique recherchait la raison, le calme, la simplicité, la noblesse, la clarté. Ce romantisme serait spécialement d'esprit moyenâgeux, avec ses sentiments profondément religieux, son enthousiasme pour une société chevaleresque, son amour du miraculeux ; il se soucierait plutôt de foi, de sentiment et de fantaisie que de critique, de raison, de mesure ; il serait en un mot l'expression de tendances absolument opposées à celles des anciens, raisonnables, moralistes et païens. l'homme est libre ; il ne dépend plus que de sa volonté et de la grâce divine, qui peut lui faire défaut, mais non le contraindre. La divinité désormais agit dans les c½urs, bien plus qu'elle n'intervient dans l'ordre physique des événements. L'homme devient une âme ; le corps perd son importance. La souffrance physique n'est plus un sujet de tragédie : . L'amour se dépouille si bien des sens qu'il devient parfois chimérique : c'est l'union et l'aspiration mutuelle de deux âmes à travers le temps, à travers l'espace, à travers la mort. La nature extérieure change d'aspect : elle est, comme l'homme, plus troublée, plus inquiète ; il y voit un reflet de son âme ; il la peuple, non plus de divinités occupées chacune de leur petit domaine, mais de puissances amies ou malfaisantes, de génies bons ou mauvais, fées, elfes, sylphes, gnomes, etc., personnifications variées du bon et du mauvais principe qui se disputent le monde.le romantisme est une sorte de language


Deuxième sens (sens adopté par l'histoire littéraire) [modifier]

Fragonard (1732-1806) : L'Inspiration (Musée du Louvre). L'inspiration et l'enthousiasme s'opposent nettement, chez les romantiques, à la réflexion et à la sérénité des classiques.L'imitation méthodique des littératures anciennes, inaugurée en France au XVIe siècle, atteignit son apogée au XVIIe siècle, et l'on peut dire que nos écrivains créèrent alors une littérature qui est devenue la nôtre propre bien plus que notre littérature du Moyen Âge qu'ils avaient oubliée et reniée. À leur tour, les autres nations imitèrent la littérature française du XVIIe siècle et, par cette imitation de seconde main, ne firent qu'énerver leur génie pendant une période plus ou moins longue. La littérature française était devenue, au regard des autres littératures modernes, une nouvelle littérature classique ou, si l'on veut, la continuation de l'Antiquité classique. C'est que l'esprit français est le seul dans l'Europe moderne pour qui l'esprit antique ne soit pas étranger : pour lui, l'imitation des modèles grecs et romains n'était pas servilité ou mode, c'était une sorte de tradition de famille retrouvée.

Mais le jour arriva où cette nouvelle littérature classique devint un joug pour la plupart des nations de l'Europe. Formé sur les modèles antiques, mais bien plus encore sur certaines règles empruntées ou que l'on croyait empruntées à l'Antiquité, elle se prit peu à peu pour un type de perfection qui devait être immuable. Or, l'immobilité répugne à la nature humaine, et particulièrement à la littérature, miroir d'idées en perpétuel changement. Ajoutons que chaque nation a son génie propre, qui s'accommode malaisément de formes empruntées à des nations étrangères et, malgré son caractère d'universalité, la nouvelle littérature classique façonnée par le génie français portait si bien le cachet propre de notre esprit, qu'elle devenait une gêne pour le libre développement d'un génie national chez les peuples étrangers qui l'avaient prise un moment pour modèle.

Aussi n'est-il pas étonnant que l'influence rayonnante de la littérature française au XVIIIe siècle ait provoqué une réaction, et c'est cette réaction que l'on appelle proprement le romantisme. Le mouvement partit d'Allemagne, où pourtant la littérature française régnait dans la plupart des courants, et passa de là en Angleterre. Il fut très marqué dans ces deux pays et eut en retour une influence très importante en France.


Le romantisme allemand [modifier]
Article détaillé : Romantisme allemand.
Le premier romantisme, appelé Frühromantik, naît en Allemagne à Iéna. Le cercle de Iéna est très cosmopolite. Il est composé de figures telles que Novalis, Tieck, Schlegel qui se réclamaient proches de la pensée de Fichte. Ce sont eux qui élaboreront la doctrine romantique et le romantisme politique. Après 1804, le romantisme allemand prend une nouvelle direction, c'est la Hochromantik de l'école de Heidelberg avec des noms tels que Brentano, Eichendorff, Arnim et les frères Grimm. Ils se sont penchés moins vers la réflexion que vers le réel et se sont finalement tournés vers le nationalisme culturel. La dernière période, la Spätromantik, s'étend de 1815 à 1848.


Le romantisme britannique [modifier]
Article détaillé : Romantisme britannique.
D'Allemagne, le mouvement romantique passa au Royaume-Uni. Mais il y fut moins marqué parce que la littérature britannique avait gardé d'avantage son indépendance. Tandis qu'en Allemagne le romantisme avait été surtout un mouvement de réaction contre l'influence française, — mouvement aboutissant à la création d'un art national assagi, — au Royaume-Uni, il fut surtout caractérisé par le retour au Moyen Âge et aux antiquités celtiques.


Le romantisme français [modifier]
Article détaillé : Romantisme français.
Si le romantisme a été en Allemagne en partie un retour aux fonds primitif et indigène, en France, ce fut au contraire une réaction contre la littérature nationale. Les littératures anglaise et allemande ne s'étaient asservies que momentanément à la discipline du classicisme, sous l'influence prédominante de notre grand siècle ; et ce qu'on appelle proprement romantisme outre-Manche et outre-Rhin c'est la période littéraire où le génie septentrional, reprenant conscience de lui-même, répudie l'imitation française. En France, au contraire, pays de culture et de tradition gréco-latines, la littérature était classique depuis la Renaissance, et l'on appelle romantiques les écrivains qui, au début du XIXe siècle, se sont affranchis des règles de pensée, de composition et de style établis par les auteurs classiques.

Pas plus qu'en Allemagne, cette révolution ne s'est accomplie d'un seul coup en France. À cause de son caractère de rupture avec la tradition nationale, et non avec des habitudes passagères, d'importation étrangère, elle a été plus tardive et a eu plus de peine à se réaliser. Commencée en réalité vers 1750, elle n'a atteint son terme qu'un siècle plus tard. Préparée au XVIIIe siècle , contenue et même refoulée pendant la Révolution et l'Empire, elle n'est arrivée à maturité que sous la Restauration et son triomphe ne s'est affirmé vers 1830 qu'après des luttes ardentes et passionnées.


Bilan [modifier]

Sens profond du romantisme [modifier]
L'étude réalisée ci-dessus montre que le romantisme est tout autre chose qu'un retour plus ou moins sincère au Moyen Âge, comme semblerait le faire croire le sens étymologique du mot. En réalité, c'est une révolution de la pensée et de la mentalité européenne qui, après avoir renouvelé toutes les idées philosophiques du siècle, provoque un renouvellement de la littérature et des arts. C'est, après la philosophie matérialiste et sèche du XVIIIe siècle, un retour vers les grandes sources d'émotion, la religion du c½ur, et la sympathie pour tout ce qui est sincère et profond. La critique du XVIIIe siècle, essentiellement destructive, n'avait engendré que l'esprit d'examen ; le romantisme est l'esprit d'examen uni à l'imagination pour comprendre la beauté du passé que l'on avait détruit; c'est un effort pour refaire une foi nouvelle composée de critique et d'enthousiasme ; c'est une réaction énergique du sentiment et de l'intelligence qui vivifient contre le raisonnement et l'abstraction.


L'individualisme [modifier]
Les deux manifestations essentielles de cet esprit nouveau en littérature et en art sont l'individualisme et le lyrisme.

Émancipation entière et absolue du «moi», tel est le cri de ralliement. Chacun de nous est son seul maître. L'artiste et le poète ont non seulement le droit, mais le devoir d'être eux-mêmes, et non pas seulement les metteurs en ½uvre de certaines formules et de certains procédés. Ils n'ont à reconnaître d'autre autorité que celle de leur caprice ou de leur fantaisie. Et si l'on a pu dire que le romantisme avait pris en tout le contre-pied du classicisme, c'est que l'on a souvent cru que le classicisme avait fait de l'impersonnalité de l'½uvre une des conditions de sa perfection.


Le lyrisme [modifier]
Par cette liberté d'être soi-même et de réfracter en soi l'univers, s'expliquent l'abondance, la richesse et l'éclat du lyrisme romantique.

Il n'y a rien de supérieur, nous ne craignons pas de l'affirmer, — et ce n'est pas rabaisser par là l'art classique qui peut mettre sur la même ligne des chefs-d'½uvres d'un autre genre, — il n'y a rien de supérieur au Werther ou au Faust de G½the, au Childe Harold ou au Don Juan de Byron, à certaines Méditations de Lamartine, aux Nuits de Musset, aux très belles pièces de Hugo dans les Voix intérieures ou les Contemplations.

Sans doute, ces grands poètes ne nous ont guère parlé que d'eux-mêmes ; mais en nous parlant d'eux-mêmes, ils nous servent d'interprètes, ils nous révèlent à nous-mêmes, et le triomphe de leur art est de nous faire retrouver, dans ce qui les a émus, nos propres émotions répercutées, amplifiées et multipliées par l'écho de leur voix.


Causes de la transformation du romantique [modifier]
La réaction contre un individualisme si débordant était inévitable. Ce que nous supportons en effet de l'auteur des Méditations ou de celui des Nuits, et que nous admirons chez eux, nous lasse vite chez une Amable Tastu ou même un Joseph Delorme. Nous les trouverons bien impertinents de nous entretenir ainsi toujours de leurs propres affaires ; comme si nous n'avions pas les nôtres, et comme s'ils étaient les premiers ou les seuls qui eussent aimé, qu'on eût trahis, qui eussent souffert ! Le sens commun se révolte contre cet envahissement du lyrisme, et l'on ose enfin disputer au poète la «souveraineté» qu'il prétendait s'arroger. Un art nouveau s'est alors crée, plus simple et plus naturel ; mais il n'a pu se développer que grâce au romantisme.

Le romantisme n'est donc pas la perfection même, mais il a le mérite indéniable d'avoir saisi et fixé un des aspects de la beauté.


La Grande Chevauchée de la Postérité. Monté sur le Pégase romantique, Hugo, «roi des Hugolâtres, armé de sa bonne lame de Tolède et portant la bannière de Notre-Dame de Paris», emmène en croupe Théophile Gautier (sic), Cassagnac, Francis Wey et Paul Fouché. Eugène Sue fait effort pour se hisser à leur niveau et A. Dumas presse le pas, tandis que Lamartine, dans les nuages, se «livre à ses méditations politiques, poétiques et religieuses.» Gravure satirique de Benjamin Roubaud.

Articles connexes [modifier]

Manifestations [modifier]
Musique romantique
Théâtre romantique
Poésie romantique
Roman romantique
Peinture romantique
Ballet romantique
Sculpture française du XIXe siècle
Littérature anglaise
Littérature allemande
Littérature romantique espagnole
Romantisme Italien
Grands Thèmes Romantiques
Bataille d'Hernani
Romantisme frénétique

Artistes romantiques, précurseurs et autres [modifier]

Voir sur Wikisource : auteurs romantiques.

Frise chronologique des auteurs romantiques
Artistes allemands : Ludwig Achim von Arnim - Clemens Brentano - Bettina von Arnim - Georg Büchner - Adelbert von Chamisso - Karl Wilhelm Salice-Contessa - Joseph von Eichendorff - Caspar David Friedrich - Goethe - Christian Dietrich Grabbe - E.T.A. Hoffmann - Friedrich Hölderlin - Heinrich von Kleist - Eduard Mörike - Friedrich de La Motte-Fouqué - Novalis - Jean Paul Richter - Friedrich von Schiller - Friedrich Schlegel et August Wilhelm Schlegel - Ludwig Tieck - Wilhelm Heinrich Wackenroder.
Artistes britanniques : William Blake - Lord Byron - John Keats - Walter Scott - Joseph Mallord William Turner
Artistes espagnols : Goya
Artistes français : Arlincourt - Balzac - Bernardin de Saint-Pierre - Aloysius Bertrand - Petrus Borel - Chateaubriand - Chénier - Constant - Delacroix - Alphonse Esquiros - Xavier Forneret - Gautier - Géricault - Hugo - Lacenaire - Lamartine - Charles Lassailly - Lautréamont - Mérimée - Michelet - Musset - Nerval - Nodier - Philothée O'Neddy - Alphonse Rabbe - Rousseau - Senancour - George Sand- Mme de Staël - Stendhal - Vigny

Bibliographie [modifier]
Roger Ayrault, La genèse du romantisme allemand Tomes 1. et 2.: Situation spirituelle de l'Allemagne dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Paris, Aubier - Editions Montaigne, 1961.
Roger Ayrault, La genèse du romantisme allemand Tome 3 : 1797-1804 (I) Baader; Brentano; Hülsen; Novalis; Ritter; Schelling; Steffens; les Schlegel: Auguste Wilhelm, Caroline, Dorothée, Friedrich; Schleiermacher; Tieck; Wackenroder, Paris, Aubier - Editions Montaigne, 1969.
Roger Ayrault, La genèse du romantisme allemand Tome 4: 1797-1804 (II)Baader; Brentano; Hülsen; Novalis; Ritter; Schelling; Steffens; les Schlegel: Auguste Wilhelm, Caroline, Dorothée, Friedrich; Schleiermacher; Tieck; Wackenroder, Paris, Aubier - Editions Montaigne,1976.
Collectif, Encyclopédie du romantisme, 1980, Paris, (ISBN: 2-85056-143-6)
Marcel Brion, L'Allemagne romantique, 4 volumes, Albin Michel, 1962, 1963, 1977, 1978
Marcel Brion, Peinture romantique, Albin Michel, 1967
Mario Praz, La Chair, la Mort et le Diable : Le romantisme noir, Gallimard/Tel, 1998
Mario Praz, Le Pacte avec le serpent, 3 volumes, Christian Bourgois, 1989, 1990, 1991
Jean-Pierre Richard, Études sur le romantisme, 1999, Seuil (ISBN: 2020373394)
Louis-Fernand Flutre, Encyclopédie par l'image : le romantisme, 1926, Hachette (ASIN: B0000DP5H4);
Ariel Denis, L'art romantique, 2006, Somogy (ISBN: 2850562416);
Collectif, Lagarde et Michard : XIXe siècle, 1993, Schoenhofs Foreign Books (ISBN : 204016216X);
Nouveau Larousse illustré, 1898-1907, Larousse
Victor Hugo, Préface de Cromwell, 2001, Larousse (ISBN: 2035881889);
Anne Sefrioui, Le Guide du Louvre, 2005, RMN (ISBN: 2711845915);
Michel Bouty, Dictionnaire des ½uvres et des thèmes de la littérature français, 1991, Hachette Littérature (ISBN: 2010165837);
Weil G. Chassard J, Dictionnaire des ½uvres et des thèmes de la littérature allemande, 1973, Hachette (ASIN: B0000DY1Y6);
François Piquet, Le Romantisme anglais : émergence d'une poétique, 1997, PUF (ISBN: 2130482945);
Théophile Gautier, Histoire du romantisme, 1993, L'Harmattan (ISBN: 2738418910);
Ilaria Ciseri, Le Romantisme, 2004, Gründ (ISBN: 2700020480);
Collectif, Chronologie de l'art du XIXe siècle, 1998, Flammarion (ISBN: 2080116517);
¼uvres de V. Hugo, Lamartine, A. de Musset, A. de Vigny, A. Dumas, G. Sand, Balzac, Mérimée, etc.

Source [modifier]
Louis-Fernand Flutre, Encyclopédie par l'image : le romantisme, 1926, Hachette (ASIN: B0000DP5H4);, une publication dans le domaine public
Roman de Goethe, Les Souffrances du jeune Werther

Liens externes [modifier]
Un mouvement littéraire et culturel : le romantisme.
Une vision de poète de la jeunesse des romantiques français: le chapitre II des Confessions d'un enfant du siècle.
Quelques Grands auteurs et leurs ½uvres
Étude sur le romantisme

Notes et références [modifier]
↑ Novalis, ¼uvres complètes, Paris, Gallimard, 1975, volume 2, p.66.
↑ Voir Jacques-Olivier BOUDON, Jean-Claude CARON, Jean-Claude YON, Religion et culture en Europe au 19e siècle, Paris, Armand Colin, coll. "U", 2001, p. 80-83.
Portail de la littérature Portail du Romantisme


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Romantique
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Voir « romantique » sur le Wiktionnaire.

Le mot romantique est un adjectif permettant de qualifier ce qui est relatif :

en littérature, au romantisme ;
à la musique romantique.
Remarque : l'adjectif pour ce qui est relatif au roman en littérature est romanesque.


Voir aussi [modifier]
Roman Romans
Romain , Romaine
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# Posté le samedi 27 juin 2009 07:05

Berlin - Take My Breath Away numéro 8 :)

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Dans son sens étymologique, le paysage est l'ensemble des traits, des caractères, des formes d'un territoire, d'un « pays », d'une portion de l'espace terrestre, perçu par un observateur depuis un point de vue : il est donc une création, une interprétation de l'espace. Le paysage est une question de regard mais cette notion ne peut-être aujourd'hui réduite à sa connotation picturale car elle recouvre de nombreuses acceptions.

Sommaire [masquer]
1 Une notion complexe
2 Approche picturale
2.1 Histoire du paysage en peinture
3 Approche géographique
3.1 Histoire de la notion de paysage en géographie
3.1.1 Espaces vierges
3.2 La délicate étude des paysages anciens
3.2.1 Les dérives des études morpho-historiques
3.2.2 Une réalité épistémologique complexe
3.2.3 Les voies d'accès à la connaissance du paysage
3.2.4 Vers une nouvelle organisation des champs scientifiques
4 Approche écologique
4.1 Écologie du paysage
4.2 Politiques publiques du paysage
4.2.1 Protection des paysages exceptionnels
4.2.2 Vers une politique des paysages du quotidien
4.3 Paysan
4.4 Paysagiste
4.4.1 Écoles d'architecture et de paysage
4.4.1.1 en France
4.4.1.2 en Suisse
5 Bibliographie
6 Voir aussi
6.1 Articles
6.2 Liens externes
7 Notes et références



Une notion complexe [modifier]
La notion actuelle de paysage est somme toute assez récente. Avant d'être l'objet de représentations artistiques ou d'études architecturales, le paysage était un pays au sens originel du terme, c'est-à-dire une portion du territoire national avec une identité bien marquée, un lieu de vie et de travail pour les habitants locaux qui font partie de ce pays.

On peut entendre aujourd'hui des expressions comme « paysage politique », « paysage médiatique », etc. Le paysage peut donc également désigner un ensemble contextuel : vision des choses à un temps donné, le paysage est en constante évolution.

La notion de paysage oscille entre deux pôles :

Le paysage considéré comme la résultante de l'action conjointe de l'Homme et du monde vivant (animal, végétal, fongique, etc.). C'est cette conception qui prédomine en écologie du paysage, écologie étudiant dans le temps et l'espace (unités biogéographiques) la dynamique et l'agencement des taches du paysage aux échelles intermédiaires entre le planétaire (biosphère) et le local, les communications, les barrières, les fragmentations.
Le paysage considéré comme la perception visuelle qu'on a de son environnement à perte de vue, à l'exception des points d'intérêts proches de l'observateur. On s'est référé également au paysage pour désigner sa représentation dans une ½uvre. Les notions de patrimoine, d'esthétique et d'aménités donnant alors une valeur à ce paysage, variant selon les époques et jugée plus ou moins subjective et relative selon les acteurs.

Approche picturale [modifier]

La peinture romantique exalte les paysages sauvages et souvent montagneuxÀ partir de la définition initiale d'étendue de terre qui s'offre à la vue, la langue française a construit plusieurs notions proches dont celle de représentation d'un paysage par la peinture, le dessin, la photographie, etc. La représentation du paysage a un rôle important dans les arts graphiques parce qu'elle s'oppose parfois à la représentation des êtres, ou bien peut être aussi utilisée pour les symboliser (peinture religieuse par exemple).


Histoire du paysage en peinture [modifier]
Dans l'antiquité grecque et romaine, le paysage n'est peint que comme fond ou environnement pour mettre en contexte une scène principale. Durant tout le Moyen Âge chrétien et la Renaissance, le paysage n'est conçu que comme ½uvre divine et sa représentation fait référence à son créateur.

À la Renaissance, le paysage sert à exprimer les utopies urbaines et politiques émergentes. D'abord « perçu » au travers du cadre des fenêtres dans les tableaux représentant des scènes intérieures, il va prendre une place de plus en plus importante, jusqu'à occuper toute la surface de la toile. Parallèlement, les personnages des scènes religieuses en extérieur vont « rétrécir » jusqu'à n'être presque plus symbolisés que par les éléments du paysage (ex. : le Christ par une montagne).

Le paysage ne prend toutefois véritablement son essor qu'au XVIIe siècle, avec le développement du collectionnisme. En Flandres, la première représentation de paysage indépendant est celle de Joachim Patinir. On distingue alors trois types de paysages :

le paysage classique, où se trouve représentée une nature idéale, grandiose, domptée par l'Homme. La représentation n'est alors pas crédible, mais recomposée pour sublimer la nature et la rendre parfaite ; en général, une histoire se cache dans ce type de paysages, dont les poncifs sont la présence d'éléments d'architecture romaine, combinés à une montagne ou une colline et à un plan d'eau. Les trois centres important de ce type de représentations sont Rome, avec Annibale Carracci, le créateur de ce type, et ses suivants l'Albane, Le Dominiquin, Poussin..., mais aussi Paris et la Hollande.
le paysage naturaliste propose une vision plus humaniste, de l'harmonie entre l'Homme et la nature. En général, celle-ci est grandiose, abondante et sauvage, représentée lors de tempêtes, d'orages. Si cette vision est plus crédible, il n'est pas nécessaire qu'un lieu précis soit représenté. On trouve les représentants de ce type plutôt dans les écoles du nord, avec Rembrandt, Salvator Rosa et Rubens.
le paysage topographique, qui représente nécessairement un lieu précis et identifiable, avec une nature présentée de manière plus humble. Ce genre est assez caractéristique de l'école hollandaise, où les peintres sont extrêmement spécialisés (il existe des peintres de paysages d'hiver, de forêts, de canaux, de villes...)
À l'époque romantique, le paysage devient acteur ou producteur d'émotions et d'expériences subjectives. Le pittoresque et le sublime apparaissent alors comme deux modes de vision des paysages. Les premiers guides touristiques reprennent ces points de vue pour fabriquer un regard populaire sur les sites et les paysages.

L'impressionnisme et l'école de Barbizon donneront ensuite un rôle très différent au paysage en en faisant l'objet d'une observation méticuleuse et relative en termes de lumière et de couleurs, dans l'objectif de créer une représentation fidèle à la perception vécue que peut en avoir un observateur. Cette fidélité, qui s'exprime par exemple dans les contrastes et les touches de façon « vibrante », est sans doute une des sources de la passion pour l'impressionnisme (on parle souvent de miracle impressionniste pour la précision du rendu d'artistes comme Claude Monet).

L'abstraction sous ses différentes formes retirera ensuite une grande partie de son importance au paysage en limitant la portée du réalisme et de la représentation, bien que l'on emploie souvent l'expression « paysagisme abstrait » à propos de plusieurs peintres non figuratifs (Bazaine, Le Moal ou Manessier).


Approche géographique [modifier]

Histoire de la notion de paysage en géographie [modifier]
Le géographe Paul Vidal de la Blache, fondateur de l'école des Annales, a largement contribué à forger l'approche géographique des paysages dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le paysage est alors conçu dans une visée objective et généalogique : il est le résultat des actions des hommes s'adaptant à leur environnement naturel au cours de l'histoire. Il devient un vaste ouvrage où le géographe peut distinguer les éléments naturels des éléments culturels, et leur intime mélange dans bien des régions, se succédant au cours du temps. Cette approche a longtemps dominé la pensée géographique française du paysage. Mais elle évacuait la question de la subjectivité, et celle de l'approche esthétique du paysage, c'est-à-dire celle du monde des Arts.

Dans les années 1970-1980, les géographes, sous la houlette de Georges Bertrand, ont commencé à considérer le paysage comme un objet hybride, faisant appel à la fois aux sciences naturelles (géomorphologie, écologie végétale, climatologie) et aux sciences sociales (territorialisation de l'espace, perception, phénoménologie, symboles politiques...). Georges Bertrand a ainsi créé un concept ternaire d'étude : géosystème - territoire - paysage, permettant d'étudier les dynamiques du paysage et son évolution. Une telle conception permettait de rendre compte de l'évolution d'un paysage, dépendant à la fois des processus naturels et des aménagements humains, dépendant des perceptions et des idéologies. Dans son article "Paysage et géographie physique globale" (Revue de géographie des Pyrénées et du Sud-Ouest, 1968) G. Bertrand, en se référant au paysage, synthétise cette idée en affirmant : "C'est, sur une certaine portion de l'espace, le résultat de la combinaison dynamique, donc instable, d'éléments physiques, biologiques et anthropiques qui, en réagissant dialectiquement les uns sur les autres, font du paysage un ensemble unique et indissociable en perpétuelle évolution".

Depuis une vingtaine d'années, l'étude des paysages par les sciences humaines est particulièrement vive en France, à travers les ouvrages d'historiens comme Alain Corbin ou de géographes comme Jean-Robert Pitte. Ce dernier se place dans une posture rompant avec les principes de Vidal de la Blache. Il insiste largement sur la place de la subjectivité et de l'évolution des perceptions, à travers nos modes de vie (voiture, avion, train) que les artistes viennent révéler grâce à leurs ½uvres. Alain Corbin élargit aussi la question de la perception paysagère en ne la cantonnant pas qu'au visuel mais à tous les sens. Il a ainsi parlé de « paysage sonore » dans son ouvrage sur les cloches dans les campagnes françaises. La distinction entre une approche naturaliste du paysage et une approche culturaliste a été exprimée le plus fortement par le philosophe Alain Roger dans son célèbre essai Paysage et environnement : pour une théorie de la dissociation (1996, « Paysage et environnement : pour une théorie de la dissociation », in Le Dantec Jean-Pierre, Jardins et paysages, éd. Larousse) qui en appelle à totalement distinguer les deux notions.

Une définition du paysage aujourd'hui largement partagée est celle contenue dans la Convention européenne du paysage, signée sous les auspices du Conseil de l'Europe en 2000[1]. Selon cette définition « Le paysage définit une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ».


Espaces vierges [modifier]
La notion de paysage prend une autre dimension lorsque l'on franchit l'Atlantique. Le paysage américain, et particulièrement celui du Grand Ouest, rompit avec bien des canons européens. La découverte des grands espaces occidentaux des États-Unis (la conquête de l'Ouest), lors de la seconde moitié du XIXe siècle bouleversa totalement ses découvreurs, dignes successeurs de Humboldt. Ils furent face à des espaces sauvages, en regard d'une Europe quasi-entièrement anthropisée, et d'échelles sans commune mesure avec ceux de l'Ancien Monde. De plus ce fut l'occasion à un nouveau medium artistique de fournir sa vision du paysage : la photographie, alors que jusqu'à présent c'était la peinture qui avait eu la charge de cette représentation. Les photographies d'Ansel Adams dans le massif de la Yosemite Valley en sont exemplaires. C'est à cette occasion qu'a été forgé le concept américain de wilderness, difficile à traduire (sauvageté, monde sauvage, naturalité ?), pour qualifier ces grands espaces vierges.


La délicate étude des paysages anciens [modifier]

Les dérives des études morpho-historiques [modifier]
L'étude de paysage est délicate et controversée. Les tentatives de synthèse d'histoire rurale ou d'histoire du paysage de telle ou telle région, ayant l'ambition d'exploiter des sources écrites et non écrites, sont généralement soit des travaux rapprochant de manière superficielle des données archéologiques, morphologiques et textuelles pour produire un discours historique, soit des ouvrages de paléogéographie lacunaires et parfois anhistoriques.

La cause d'un tel échec est de vouloir réduire le réel à une schématisation systématique dès que celui-ci est perçu comme paysage aux formes complexes. Les historiens ont donc plus fait l'histoire d'un paysage irréel à force d'être réduit à des schématisations successives, que l'histoire la plus "réelle" possible de l'objet.

Or, le paysage n'est pas seulement une structure que l'on peut schématiser : il est un fonctionnement, une interaction dynamique permanente entre des éléments physiques et des éléments sociaux, et l'étude de la morphologie des paysages du passé doit donc être une géographie des espaces des sociétés du passé rendant compte de leurs dynamiques de transformation.


Une réalité épistémologique complexe [modifier]
Etudier un paysage considéré comme fonctionnement, interaction dynamique, est rendue d'autant plus difficile qu'elle s'inscrit dans une situation épistémologique particulière :

d'une part, l'histoire a pris l'habitude de se priver d'espace, à force de le réduire à un stéréotype, à une idée d'espace ;
d'autre part, la géographie est partagée entre géographie physique et géographie humaine ;
enfin, l'archéologie actuelle est profondément marquée par les sciences du paléoenvironnement, permettant l'accès aux composantes végétales et animales du paysage ancien, et par la géoarchéologie, traitant du sédiment, de son évolution et de sa relation avec les sociétés, de par l'aménagement du paysage et de l'agriculture.
Ainsi, une étude de paysage, qui pourrait être dite « archéologie des paysages », « morphologie dynamique des paysages » ou encore « paléogéographie », est donc au carrefour de plusieurs disciplines.


Les voies d'accès à la connaissance du paysage [modifier]
Cette nécessité de rapprochements de disciplines est perceptible dans les différentes voies d'accès à la connaissance du paysage :

L'exploitation des textes, des inscriptions, des cartes, des itinéraires, de la toponymie, etc.
Les sources archéologiques, offrant une vision matérielle et ponctuelle de la réalité des structures (agraires ou autres)
La prospection, avec son approche spatiale et matérielle
L'archéomorphologie, cherchant à partir d'images du paysage ses formes
Les sciences du paléoenvironnement, permettant de connaître les sols, les végétaux et les animaux

Vers une nouvelle organisation des champs scientifiques [modifier]
Pour une étude de paysage, il ne suffit pas d'articuler entre elles des disciplines autonomes (histoire, géographie, etc.) possédant leur propre méthode et leur corpus documentaire. En effet, le paysage est à la marge de disciplines qui ne s'articulent pas vraiment :

L'histoire, analysant les textes ;
La géographie, analysant les régimes agraires et les phénomènes d'urbanisation ;
L'archéologie, étudiant les sites ;
La géologie des profondeurs.
L'étude de paysage appelle donc une nouvelle organisation des champs scientifiques permettant une approche systémique. Ces questions ont été largement traitées par Gérard Chouquer (directeur de la rédaction des Études rurales)[2], François Favory ou encore Philippe Leveau.


Approche écologique [modifier]

Écologie du paysage [modifier]
Le paysage naturel fait désormais l'objet d'un discipline scientifique à part entière, l'écologie du paysage, et est considéré comme un patrimoine commun à préserver.

En aménagement du territoire, la prise en compte des aspects paysagers d'un quelconque projet d'aménagement (rénovation, remembrement agricole, autoroutes, etc.) est désormais presque obligatoire. En effet le Plan local d'urbanisme des communes doit désormais le prendre en compte, et des lois comme celle du 8 janvier 1993 (dite "loi Paysage") permet la protection du paysage en tant que tel. Ainsi la plupart des projets d'aménagement, comme les plans de gestion des espaces naturels, comportent au préalable une analyse paysagère du milieu.

En application des principes de la Convention européenne du paysage, les pays européens sont tenus d'inventorier leurs paysages dans un souci d'aménagement, de gestion ou de préservation. En France, cet inventaire est réalisé sous la forme d'atlas de paysages, à l'échelle départementale ou régionale.


Politiques publiques du paysage [modifier]
L'administration du paysage est encore récente. La première loi s'y rapportant date de 1906 et la stabilisation du service qui en a la charge s'est opérée en 1995 avec la création de la sous-direction des sites et paysages au sein de la direction de la nature et des paysages au ministère de l'écologie et du développement durable. Emmanuelle Heaulmé (École d'architecture et de paysage, Bordeaux) distingue trois grands modèles de perception et d'action qui, au cours du XXe siècle, ont ordonné la patrimonialisation des paysages :

- le « paradigme du pittoresque » : le paysage s'impose comme objet patrimonial dans la mesure où il se prête à un rapprochement avec une ½uvre peinte (lois 1906 et 1930 sur les sites et monuments naturels)

- le « paradigme de l'environnement » à partir des années 1950 : inscription et classement, dans les années 1960 et 1970, de grands paysages naturels (ex. Landes et Gironde), et apparition d'une nouvelle politique qui s'attache, au-delà de la simple protection, à mettre en ½uvre une véritable gestion des sites.

- le « paradigme du paysage culturel » depuis les années 1980 : attention portée au paysage en tant que forme sensible d'une interaction dynamique du naturel et du social.


Protection des paysages exceptionnels [modifier]
L'État s'est donc peu à peu doté de pouvoirs réglementaires importants, notamment en faveur des paysages exceptionnels dits patrimoniaux. La loi de 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque permet le classement des paysages les plus exceptionnels au titre des sites. Le classement offre une protection renforcée en comparaison de l'inscription, en interdisant, sauf autorisation spéciale du ministre compétent, la réalisation de tous travaux tendant à modifier l'aspect du site. Par ailleurs, les directives de protection et mise en valeur des paysages visent à assurer de façon sélective la préservation et la mise en valeur des principaux éléments structurants d'un paysage. Il existe également d'autres instruments de protection pour la sauvegarde des espaces naturels exceptionnels comme les réserves naturelles nationales, les parcs nationaux, les réserves biologiques, etc. Enfin on peut citer l'apparition de règles spécifiques dans certains espaces fragiles et/ou convoités, comme la loi montagne et la loi littoral, ou la création d'un sanctuaire pour les mammifères marins en Méditerranée (« sanctuaire Pelagos », accord fait à Rome le 25 novembre 1999).

A l'échelle internationale, le classement au patrimoine mondial de l'UNESCO reconnait des sites d'une valeur patrimoniale exceptionnelle universelle pour l'humanité. Ce classement a été introduit par la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel en 1972. En 2008, 33 sites sont classés au patrimoine mondial, culturel et naturel en France et 878 dans le monde. A noter, le classement du Val de Loire de Sully sur Loire à Chalonnes sur plus de 85 000 ha en tant que paysage culturel exceptionnel.


Vers une politique des paysages du quotidien [modifier]
En France, en 1971 a été créé un ministère chargé de la protection de la nature et de l'environnement, et depuis 1995, le ministre chargé de l'environnement et du développement durable est, au sein du gouvernement, responsable de la politique des paysages, cadrée notamment par la loi paysage. Depuis 1989, le ministère décerne un prix du paysage chaque année à des paysagistes et des collectivités pour leurs projets.

Il faut enfin rappeler que la plupart des instruments de protection paysages relève des collectivités locales. Les élus locaux jouent un rôle central car ils se font les porte-parole des attentes de leurs administrés et ils justifient la pertinence locale des problèmes paysagers avec une argumentation sociale.

On constate donc la progressive mise en place d'une véritable politique des paysages, laquelle a pour objectif de « préserver durablement la diversité des paysages français ».


Paysan [modifier]
La mise en productions diverses et aménagements de la nature par les paysans est de première influence sur les paysages. Parfois, une conscience aigüe de ce pouvoir et un amour certain pour leur "pays" les transforment en paysagistes.


Paysagiste [modifier]
La gestion des jardins et des espace verts a donné lieu à une forme de spécialisation de l'architecture qui prend en compte les particularités de la mise en valeur, de la construction ou de la modification des paysages ou de portions de paysages.

On parle alors des activités de paysagistes, d'ingénieurs paysagistes ou d'architectes-paysagistes, selon les contextes.

Article détaillé : Paysagiste.

Écoles d'architecture et de paysage [modifier]

en France [modifier]
École nationale supérieure du paysage de Versailles (ENSPV) à Versailles
École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux (ENSAP Bx.) à Bordeaux
Ecole nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille (ENSAPL) à Lille
École supérieure d'architecture des jardins et des paysages (ESAJ) à Paris
École nationale supérieure de la nature et du paysage (ENSNP) à Blois
Institut national d'horticulture et du paysage (INHP) à Angers
Institut des Techniques de l'Ingénieur en Aménagements Paysagers de l'Espace (ITIAPE) à Lesquin

en Suisse [modifier]
École d'ingénieurs de Lullier à Genève
Institut d'architecture de l'université de Genève

Bibliographie [modifier]
Jean-Robert Pitte, Histoire du paysage français, Tallandier, 2003 (ISBN 2847340742)
Bernard Fischesser et Marie-France Dupuis-Tate Rivières et Paysages, Ed. La Martinière, 2006
Pierre Donadieu, Michel Périgord, Clés pour le paysage, OPHRYS, 2005, 368 p. (ISBN 9782708010970)

Voir aussi [modifier]

Articles [modifier]
Écologie du paysage
Analyse paysagère
Paysage urbain
Paysage rural

Liens externes [modifier]

Voir « paysage » sur le Wiktionnaire.

Convention Européenne du paysage
Le paysage au Ministère de l'écologie et du développement durable

Notes et références [modifier]
↑ Elle a été adoptée en France par la loi n° 2005-1272 du 13 octobre 2005 autorisant l'approbation de la convention européenne du paysage et publiée le 22 décembre 2006 par le décret n°2006-1643 du 20 décembre 2006 portant publication de la convention européenne du paysage signée à Florence le 20 octobre 2000.
↑ Gérard Chouquer, L'étude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Paris, Errance, 2000, 208 p.
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Souffle
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Le souffle est une expulsion volontaire d'air (expiration) par le relâchement du diaphragme et la contraction des muscles intercostaux. La pression exercée ainsi sur les alvéoles pulmonaires libère l'air qu'elles contiennent.

Il peut aussi décrire en médecine les bruits en général pathologiques issus de l'appareil cardio-vasculaire dus à la circulation du sang dans les vaisseaux ou le coeur.

Sommaire [masquer]
1 Mesure du souffle
1.1 Exploration ventilatoire
1.2 Mesure du DEP (Débit expiratoire de pointe)
1.3 Exploration fonctionnelle respiratoire
2 Signification dans les religions
3 Dans le sport



Mesure du souffle [modifier]
En forçant un patient à expulser ainsi de l'air, on peut déceler certaines maladies pulmonaires, qui gênent l'expiration car les bronches sont alors encombrées.


Exploration ventilatoire [modifier]
Permet de mesurer et enregistrer des volumes respiratoires et des débits expiratoires. Pas fumer depuis plus de 3 heures. Arrêt de certains médicaments sur prescription médicale. Utilisation d'un pince nez.


Mesure du DEP (Débit expiratoire de pointe) [modifier]
(Peak flow en anglais) Débit espiratoire maximal atteint lors d'une expiration forcée commencée en inspiration forcée. Méthode : En position debout, tenir le débimètre de pointe entre les main (attention de ne pas bloquer le curseur, a ce qu'il soit en position vertical et qu'il soit bien sur 0). Prendre une inspiration profonde. Placer l'embout dans la bouche et serrer les lèvres. Expirer aussi fort et vite que possible. Enregistrer le résultat. Remettre à 0. Répéter 2 fois la man½uvre. Prendre la meilleure des 3 valeurs.


Exploration fonctionnelle respiratoire [modifier]
Étude des volumes et débits gazeux qui entrent et sortent de l'appareil respiratoire au cours des mouvement de la respiration.

Examen réalisé avec un spiromètre.


Signification dans les religions [modifier]
Dans les religions sémitiques, le souffle se dit He (H) ou Yahve (YHVH). C'est à partir de cela que s'est formé le nom donné au dieu sémitique Yahvé.


Dans le sport [modifier]
Une des pratiques sportives utilisant le souffle est la Sarbacane.

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# Posté le samedi 27 juin 2009 07:03